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Front populaire ivoirien (FPI) : Quand la corruption fait perdre l’âme et la raison décembre 13 2014

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Pascal Affi N’Guessan, président du FPI

Suite aux troubles du 24 décembre 1999 qui ont marqué pour la première fois la rupture de l’ordre constitutionnel dans une Côte d’Ivoire indépendante, une tentative de coup d’Etat, très violente a entamé sérieusement la déstabilisation de ce pays. Cette déstabilisation a connu un pic historique le 11 avril 2011, suite à la guerre faite à la Côte d’Ivoire par des aventuriers de tous bords armés par des parrains impérialistes. 

Affi N’guessan illustre son pacte avec les dozos 

Dire que le président du FPI fut premier ministre de la Côte d’Ivoire peut rendre triste au vu des méthodes qu’il utilise. Mais la réalité est que ceux qui veulent faire de ce pays un no man’s land ou une terre d’hommes avachis, activent différents réseaux pour que soient promus, des acteurs violents, tribalistes, bas et corrompus. En signant à Marcoussis en janvier 2003, Affi N’guessan avait déjà rejoint le camp des arrivistes et des comploteurs contre la Côte d’Ivoire. Laurent Gbagbo, homme de paix et de dialogue a voulu rassembler tout le monde. Les réalités nous montrent qu’il y a des acteurs qui sont sans âmes malgré le contexte et qu’on ne peut réhabiliter malgré le souci de rassemblement. Sinon c’est le résultat contraire qui est obtenu. 
Dans un article que j’ai publié le 27 novembre 2014 et relayé par la presse locale le 4 décembre dernier, j’ai évoqué le scénario qui se pose aujourd’hui au FPI  : saisine de la justice, invocation de trouble à l’ordre public pour interdire la tenue du congrès. C’est une ligne rouge qu’Affi N’guessan a franchie. Dans un parti démocratique, aucun dirigeant, quelle que soit sa puissance ne peut ainsi malmener ses camarades. Peut-on imaginer un instant qu’en France, M. Bernard Cazeneuve interdise le congrès de l’UMP  ? Qu’est-ce qu’Hamed Bakayoko a à voir avec le congrès du FPI si ce n’est que les choses sont arrimées à une pratique de République bananière  ? 

Les militants du FPI doivent prendre leurs responsabilités 

C’est le moment de pousser loin la réflexion pour tirer toutes les leçons. Nombre de nos camarades dirigeants font montre d’un angélisme passionnel. Il est inadmissible que le FPI n’accède pas aux appels incessants d’aller vers plus de professionnalisme. Il y a un manque réel de vision prospective qui est une des raisons des difficultés que connaît ce parti. L’inclination à toujours aller vers des compromis même quand des positions ne sont plus conciliables, paralyse ce grand parti. Affi pousse le bouchon loin pour connaître le même sort que Mamadou Koulibaly. Mais l’exclure ne sera peut-être pas la bonne solution même si le président du FPI en a envie. Il faut simplement appliquer les sanctions qui sont prévues pour mettre hors d’état de plus nuire, ce «  ver dans le fruit  ». Affi N’guessan a clairement choisi son camp. Il est depuis des années dans une logique – qu’il déroule plus clairement, ces derniers mois – d’abattre Laurent Gbagbo, conformément à la mission du «  maître blanc  » et de ses pantins. 
Laurent Gbagbo à La Haye, c’est en partie à cause des incohérences de certains cadres de ce parti. Il y a cette tendance partagée par certains cadres, qui consiste à toujours attendre, à négliger les causes des dangers et de faire partager la mésaventure à la collectivité lorsque tout le monde a «  le bec dans l’eau  ». Affi N’guessan sait jusqu’où il peut aller parce qu’il sait que nombre de ses camarades sont comme lui, empreints de sentimentalisme et d’émotionnel. 

La Diaspora appelle le FPI à se concentrer sur les priorités des Ivoiriens 

Il y a quelques mois, le président du FPI a choisi de façon solitaire un représentant à la CEI. Un vote du Comité central lui a donné tort. Aujourd’hui, il fait interdire le Congrès du FPI avec le bras armé des adversaires. Ces mêmes adversaires qui ont organisé la tuerie de nombreux Ivoiriens  ; qui ont poussé plusieurs innocents à l’exil – où ils sont nombreux à avoir perdu la vie –  ; qui détiennent de façon arbitraire plusieurs prisonniers politiques  ; … 
Il faudrait se poser la question de savoir si Affi N’guessan était en mission en prison à Bouna. Ou bien était-il au chaud, en conditionnement pour venir accomplir le forfait en cours  ? 
Les Ivoiriens espèrent du FPI qu’il les enlève dans la souffrance. Mais depuis des mois, Affi N’guessan distrait et divertit l’opinion en déroulant chaque jour des maillons de son jeu trouble, comme pour faire gagner du temps au pouvoir inique d’Alassane Ouattara. 
Les Ivoiriens de la Diaspora ne ménagent pas leurs efforts depuis des années pour internationaliser la lutte. On peut constater que lorsqu’il y a des difficultés au pays, les cadres du FPI se tournent vers eux. Quand ceux-là constatent un semblant d’accalmie, ils reprennent leurs «  lourdeurs  ». 
Avant que le «  kata  » en date d’Affi ne survienne, la Diaspora a fait plusieurs propositions qui sont sans retour pour l’instant. 
Au total, nous constatons que la Diaspora, parce qu’absente localement, ne fait pas l’objet d’une attention qui soit à la mesure de ce qu’elle doit réellement représenter. Il est vrai qu’il y a dans la Diaspora «  des marcheurs  » et des organisateurs de manifestations pacifiques. C’est aussi très bien ainsi. Mais il y a également des personnalités qui portent de grandes capacités de réflexions prospectives et de propositions. Cette Diaspora, qui a acquis une conscience politique qui contribue à faire des sauts qualitatifs dans le cadre de la lutte, doit être sérieusement prise en compte dans les instances de la Direction du Parti. Il appartient au FPI d’envoyer un signal fort en terme de symbole, à cette diaspora – qui, constituée d’une forte société civile – porte également des ressortissants d’obédience plurielle. 

Dans l’intérêt du FPI, cette Diaspora  doit être investie de réel pouvoir politique, en vue d’avoir les moyens de contribuer à intercéder auprès de décideurs extérieurs aux fins d’amener ce grand parti – entre autres priorités – à connaître une réhabilitation à l’international. 

C’est pourquoi, vu les résultats de l’expérimentation des représentations – qu’il ne faudrait pas forcément remettre en question –, il semble approprié qu’une des vice-présidences – parmi celles prévues ou à prévoir - soit affectée à la Diaspora (chargée des Relations extérieures). C’est une attribution, parce qu’elle travaillera directement avec la Direction du Parti, aura le poids et une attention de la part d’autorités compétentes, pour contribuer à l’efficience. Aussi, aura-t-elle la latitude de se déplacer partout pour représenter la Direction  ; ce qui pourra essentiellement pallier aux freins qui sont mis notamment dans l’attribution de visas quand des cadres doivent voyager surtout vers l’Occident. 

Il est dommage que des cadres dirigeants du FPI replient le parti sur les mêmes, (qui ont montré leurs limites) au lieu s’ouvrir – comme le commande ce monde globalisé – aux opportunités qui ne pourraient qu’enrichir cette organisation politique, notamment en injectant de nouveaux acteurs et des pratiques plus transparentes. Les épisodes malheureux qui se multiplient sous nos yeux, devraient nous inciter à des pratiques plus saines. 

Dr Claude Koudou 

Enseignant-Ecrivain  ; Directeur de la Collection «  Afrique Liberté  » chez les Editions L’Harmattan  ; 
Président des CPDA (Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique)






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