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Grève et mutineries: Les Evêques de Côte-d’Ivoire appellent à «libérer tous les détenus des crises militaro-politiques» janvier 23 2017

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Message au peuple de Dieu et à tous les citoyens ivoiriens

Chers frères et sœurs, Hommes et femmes de bonne volonté, A l’occasion de notre 105ème Assemblée Plénière dans le diocèse de Katiola, nous, Evêques catholiques de Côte d’Ivoire, marquons notre inquiétude devant les évènements sociaux qui secouent notre pays : mécontentements des militaires, grèves des fonctionnaires et agents de l’Etat.

En effet, force est de reconnaître qu’un malaise social persiste au sein de la population.

Des sentiments de frustration et de révolte habitent encore les cœurs de nombre d’ivoiriens.

Les procès en cours, loin d’apaiser les esprits, suscitent des passions et des inquiétudes. Certains de nos compatriotes sont encore injustement détenus en prison et d’autres vivent en exil, loin du pays.

Beaucoup de combattants et militaires impliqués dans les crises successives qui ont secoué notre pays ne sont pas sereins, quant à leur avenir.

De nombreux jeunes qui avaient espéré une vie meilleure en s’engageant aux côtés des politiciens expriment de plus en plus leur déception et leur amertume. Tout ce climat délétère, si nous n’y prenons garde, risque de compromettre gravement tous les acquis enregistrés, fruits de nos efforts.

C’est pourquoi nous invitons instamment toutes les composantes de la société ivoirienne à se retrouver autour d’une même table pour débattre de toutes les questions relatives à la sécurité, à la cherté de la vie, au chômage des jeunes, aux conditions de travail à la situation salariale, etc.

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A vous, nos gouvernants, Nous vous remercions pour tout ce que vous faites pour le développement de notre pays, mais nous demandons qu’un effort de plus soit fait en vue de la redistribution des fruits de la croissance, d’une justice équitable et de la facilitation du retour des exilés, avec des garanties de sécurité pour tous.

Nous vous exhortons à travailler sans relâche à la paix véritable par une réconciliation sincère de tous les fils et de toutes les filles de la Côte d’Ivoire.

Vous avez certes permis la libération de prisonniers et le retour au pays de plusieurs exilés, mais nous vous encourageons à faire davantage pour parvenir à la mise en liberté de tous les détenus des crises militaro-politiques qui se sont succédées dans notre pays.

A vous, nos compatriotes, Nous comprenons et nous partageons vos souffrances et vos angoisses.

En effet, depuis de nombreuses années, vous espérez légitimement pour vous-mêmes et vos progénitures, une vie meilleure et vous ne voyez rien poindre à l’horizon. D’où le front social en ébullition.

Devant cet état de fait, nous vous demandons de ne pas céder à la tentation de la violence comme moyen de revendication, mais d’accueillir le dialogue dans la justice et la vérité comme voies de règlement des problèmes sociaux et économiques.

Ainsi vous pourrez offrir à la Côte d’Ivoire, la chance d’avancer sur le chemin de la prospérité pour tous. Nous vos Pères Evêques, nous nous rendons disponibles pour accompagner ce processus de dialogue et de réconciliation et le soutenir dans la prière.

A vous chers fils et filles en Christ, Comme vous le savez, Dieu est le principe de toute paix et de toute réconciliation.

Nous vous recommandons d’observer avec nous, trois jours de jeûne et de prière à partir du mercredi 25 janvier pour la paix sociale.

Une messe sera célébrée le Dimanche 29 janvier 2017 dans toutes nos paroisses, à l’issue de ce triduum de jeûne et de prière.

Puisse la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix, accorder la grâce de la paix à notre pays.

Fait à Katiola, le 22 janvier 2017.

Vos Pères Archevêques et Evêques de Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire : Attention turbulences ! janvier 23 2017

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faaaaaaaa.jpg2017 se présentait sous de bons auspices en Côte d’Ivoire. Le pays bouclait l’année écoulée avec le meilleur taux de croissance économique enregistré en Afrique (+ de 8 %) et ses Éléphants s’apprêtaient pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN), bien décidés à aller chercher une troisième étoile. En quelques jours, l’actualité politique et sociale est toutefois venue rappeler que la Côte d’Ivoire n’était peut-être pas encore près de renouer avec son image d’avant les années 1990 : locomotive économique d’Afrique de l’Ouest et îlot de paix. Mutineries – dont un nouvel épisode fait 4 morts mardi 17 janvier à Yamoussoukro –, démission du Premier ministre, grève des fonctionnaires, tensions dans la filière cacao sur fond de chute des cours… À peine le pouvoir ivoirien se penche-t-il sur un problème qu’un autre surgit. « Attention, ça devient inquiétant », alertait Le Patriote ce mercredi à Abidjan, peu avant le conseil des ministres. « Ça commence bien pour la troisième République », titre, plus narquois, le quotidien burkinabè Le Pays, tandis que son confrère Fasozine estime que « la situation se complique gravement pour Alassane Ouattara » dans un article intitulé « Attention, danger ».

Inquiétude au sommet de l’État

Que se passe-t-il donc en Côte d’Ivoire, qui justifie l’absence d’Alassane Ouattara au sommet Afrique-France de Bamako ? Le président ivoirien se serait même « vu contraint de demander la protection du bataillon français stationné à Port-Bouët », craignant « une explosion sociale pouvant déboucher sur sa chute », noteLe Pays, citant les propos du journaliste Antoine Glaser sur France 24. « Tout se passe comme si la mutinerie partie de Bouaké, la semaine dernière, avait libéré des forces du mal qui ont pris possession de l’âme du pays, sans que personne ne puisse être en mesure de les arrêter », considère le quotidien burkinabè.

 

L’armée ivoirienne renvoie une image de « milice »

Légitime ou non, cette mutinerie n’est pas vue d’un très bon œil dans la presse africaine. L’armée ivoirienne « a étalé sur la place publique ses dissensions internes et son indiscipline, mais elle a aussi montré qu’elle n’était pas républicaine »,
déplore Le Pays, selon qui « l’armée se comporte comme une milice ».
La mutinerie est devenue un jeu pour « vider les caisses de l’État », peut-on lire dans Afrique sur 7 à propos de cette « grande muette devenue très bavarde », et dont « les mouvements d’humeur dépeignent la frustration profonde ». Le quotidien de Ouagadougou Le Pays résume d’ailleurs les motifs de cette frustration : « Les officiers issus des forces nouvelles, après être entrés par effraction dans l’armée ivoirienne, ont connu de fulgurantes ascensions. À ce problème de promotions qui passent très mal et provoquent colère, mécontentement et indignation, s’ajoutent des revendications liées aux primes et à l’amélioration des conditions de vie et de travail des soldats. »

Boîte de Pandore

Fallait-il pour autant céder aux réclamations des militaires protestataires ? De nombreux médias interrogent la décision du chef de l’État. « Comment Ouattara a ouvert la boîte de Pandore », titre ainsi dans un autre article L’Infodrome. « La réponse favorable du chef de l’État aux doléances des mutins aura permis également de durcir la grève des fonctionnaires qui secoue depuis maintenant deux semaines l’administration publique », estime-t-il. « Les fonctionnaires ont durci leur mouvement, entraînant dans la danse le 16 janvier dernier, des élèves qui, manipulés, s’en sont pris à des établissements scolaires et à des élèves (…) À Abobo-Adjamé, des affrontements ont eu lieu entre des élèves, étudiants et des transporteurs. Le constat, c’est que la situation va crescendo et met à mal les activités socio-économiques du pays », renchérit Le Patriote, qui s’inquiète aussi de la fermeture, momentanée, de certaines sociétés et de banques à Abidjan.

Alassane Ouattara ciblé par les critiques

Alassane Ouattara a fait « deux autres erreurs monumentales », selon Le Djely . « D’abord, plus apeuré qu’on aurait pu l’imaginer, il s’est empressé de céder aux exigences des mutins (…) sans même imaginer l’effet domino que cela entraînerait », commence le site d’info guinéen. « La seconde erreur du président ivoirien réside dans les dernières réformes institutionnelles », poursuit-il. Les récents changements accordent désormais plus de poids institutionnel au poste nouvellement créé de vice-président (Daniel Kablan Duncan), qu’à celui de président de l’Assemblée nationale (Guillaume Soro). « Logiquement mécontent de ces développements synonyme d’une redistribution des cartes dans l’optique du rendez-vous de 2020, Guillaume Soro, toujours influent au sein des ex-rebelles, semble avoir décidé de rappeler Ouattara à l’ordre. À propos, son silence est suffisamment évocateur. Tirant les ficelles en douce, il observe les événements avec un certain détachement et le flegme qui le caractérise », poursuit Le Djely, dans un article intitulé « Ouattara face à son passé ». Selon lui, le pouvoir du président ivoirien souffre aussi de « cette malformation congénitale » consistant à « s’obstiner à avoir le pouvoir par tous les moyens », y compris avec l’appui d’une rébellion.

 AGNES FAIVRE / Le point Afrique

Cote d’Ivoire-Mutineries: Hamed Bakayoko : “Le pays vit les conséquences de la guerre” janvier 19 2017

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« Il ne faut pas aborder la question sur le point de vue de la défiance. Le gouvernement a traité cette question délicate avec beaucoup de responsabilités dans le sens de la paix, du retour au calme et de la quiétude des populations. Il ne faut pas voir toujours la question de la défiance. Ce sont des questions très délicates qui perturbent la quiétude de nos populations. Devant cette situation, le gouvernement doit être responsable.

Il n’y pas de défiance. La preuve, c’est bien avec le ministre en charge de la Défense qu’ils ont discuté, et c’est lui qui a apporté des solutions après avoir fait un compte rendu au président de la République. Votre question me donne l’opportunité de dire deux choses. La première, c’est en direction des populations pour les rassurer. La situation peut être alarmante, mais elles peuvent nous faire confiance. Nous travaillons toutes les heures pour que le calme revienne définitivement. Ce sont de vrais problèmes que nous gérons avec un corps qui est très sensible, à savoir les forces de défense et de sécurité. Donc il faut aborder ces questions avec beaucoup de prudence et d’attention.

Ce n’est pas un manque d’autorité. Il y a quelques jours tout le monde était paniqué, puis heureux que le calme soit revenu. Certes, ce calme est perturbé aujourd’hui par un processus de contamination des autres corps. Mais ce que je voudrais dire à ces corps, c’est de retourner au travail dans le calme. Le gouvernement trouve les solutions à toutes les questions qui sont posées par les canaux bien définis. Le ministre de la Défense l’a dit, les hauts commandements vont discuter.

Le Patriote


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