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Football: Après 30 ans de règne Issa Hayatou est renversé de son trône au sommet du foot africain mars 17 2017

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Issa HAYATOU était candidat à un 8ème mandat, il a dû passer la main. Après 28 ans de règle, le Camerounais cède le fauteuil de président de la Confédération Africaine de Football au Malgache Ahmad AHMAD, 57 ans, élu avec 34 voix contre 20, ce jeudi à Addis-Abeba. Après Blatter à la FIFA, Platini à l’UEFA, la CAF vient à son tour de confier les rênes à un nouveau patron. Le football vit une ère de changement propice à de nombreuses réformes.

 Ahmad Ahmad, nouveau president de la CAF

Le Malgache Ahmad Ahmad a été élu jeudi, à la surprise générale, président de la Confédération africaine de football (CAF) lors d’une élection l’opposant au Camerounais Issa Hayatou, qui dirigeait l’organisation depuis 1988, a constaté un journaliste de l’AFP. A l’annonce des résultats officiels, les poings victorieux se sont levés et une clameur a éclaté dans la salle rassemblant les représentants des fédérations africaines votantes: 34 voix pour M. Ahmad, contre 20 pour M. Hayatou.

Relativement méconnu par rapport à son adversaire, M. Ahmad a déjoué la plupart des pronostics en obtenant un mandat de quatre ans à la tête de la CAF. M. Hayatou, 70 ans, dernier dignitaire du foot mondial épargné par les affaires qui ont emporté Sepp Blatter et Michel Platini, en était le favori.

« Si je pensais que je ne pouvais pas y arriver, je ne me serais pas présenté », a déclaré à la presse M. Ahmad, dès après le vote, alors que son rival était escorté en dehors de l’auditorium, refusant de s’adresser aux journalistes. Le vice-président de la puissante fédération ghanéenne, George Afriyie, a lui commenté auprès de l’AFP que « son excellence Issa Hayatou a fait beaucoup pour le football africain », mais « il était temps pour lui de se retirer ».

  Issa Hayatou,70 ans dirigeait la CAF depuis 1988

L’influence d’Infantino ?

M. Hayatou avait évoqué jeudi matin « une expérience et une sagesse inégalées », tandis que M. Ahmad, ancien joueur, entraîneur et ministre de la Pêche de son pays, avait mené campagne en promettant « une transparence dans la gestion » de la CAF et la fin des « pratiques obsolètes ». Pourtant, aucun des deux hommes ne peut se targuer d’une réputation sans failles.

Le nom de M. Ahmad a ainsi été cité par le Sunday Times dans l’affaire de corruption qui a entouré l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Selon le journal britannique, il aurait perçu 30.000 à 100.000 dollars en échange de son vote pour le Qatar, ce que l’intéressé dément formellement.

Personnage controversé, soupçonné notamment d’avoir accepté de l’argent en échange d’un soutien au Qatar pour l’obtention du Mondial-2022, M. Hayatou a toujours rejeté ces accusations. Il n’a jamais été suspendu par la Fifa, dont il avait assuré la présidence par intérim quand Sepp Blatter a été emporté par les affaires et les scandales.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, était présent à Addis Abeba pour assister au vote, et des rumeurs ont fait état de son soutien – non déclaré publiquement – à M. Ahmad. Le patron du foot mondial, dont l’éventuelle influence dans l’élection reste à établir, y aurait vu un moyen de prendre sa revanche contre Hayatou, qui avait soutenu Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa lors de l’élection à la présidence de la Fifa en février 2016.

PORTRAIT DU NOUVEAU PRESIDENT

Le nouveau patron du football africain est un ancien Ministre des Sports de Madagascar, mais aussi du très important portefeuille de la Pêche, et actuellement sénateur. C’est en 2013, à Marrakech, qu’AHMAD est sorti du bois en étant élu au comité exécutif de la CAF en tant que représentant de la zone Sud aux dépens du puissant Sud-Africain Danny JORDAAN, une victoire surprise au second tour de scrutin. En septembre dernier, il manque pour une seule voix l’un des deux postes de représentants de la CAF au conseil de la FIFA.

AHMAD vainqueur avec 14 voix d’avance, doit en grande partie son élection à la COSAFA (14 membres) la Confédération des pays d’Afrique Australe. Il a annoncé une limitation à 3 mandats pour le président, une augmentation du nombre de participants à la phase finale de la CAN et un meilleur traçage des subventions accordées aux Fédérations par la FIFA.

Source:  Others

CPI: Les verités crues du genéral Edouard Tiapé Kassaraté mars 17 2017

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Sixième et dernier jour de comparution pour le général Edouard Tiapé Kassaraté, deuxième haut-gradé des forces de défense et de sécurité (FDS) à la barre du procès Gbago-Blé Goudé. La défense a bouclé son interrogatoire plus tôt que prévu, ce qui peut être l’indice de sa satisfaction vis à vis des réponses du témoin.

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La déposition d’Edouard Tiapé Kassaraté à la Cour pénale internationale qui devait durer jusqu’à demain soir, s’est achevée cet après-midi. Les six heures d’audience prévues aujourd’hui auront donc duré moitié moins. La défense de Laurent Gbagbo ayant conclu son interrogatoire plus vite que prévu. La défense de Charles Blé-Goudé a de son côté mentionné qu’elle n’avait pas de question à poser à l’ex-commandant supérieur de la gendarmerie ivoirienne, actuel ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Sénégal, qui a été au service de Laurent Gbagbo pendant toute la durée de son mandat de président de la République.  

Les attaques du Commando invisible

Poursuivant son interrogatoire, l’avocat principal de Laurent Gbagbo a questionné le témoin sur une éventuelle intervention « de l’ambassadeur américain auprès des généraux ivoiriens pour qu’ils rallient le camp Ouattara ». « À ma connaissance cela n’a pas été le cas et l’ambassadeur ne m’a jamais contacté. Mais comme je l’ai dit, deux officiers américains étaient venus me demander si la gendarmerie ralliait le camp Ouattara. Je leur ai dit qu’il s’agissait d’un débat politique et que la gendarmerie était apolitique ».

Il a ensuite été beaucoup question du Commando invisible. Emmanuel Altit est revenu sur l’attaque ratée de la centrale thermique Azito, décrite par Kassaraté comme un point vital pour la Côte d’Ivoire, protégé par la gendarmerie, tout comme l’antenne de la RTI à Abidjan qui avait aussi été attaquée. « Le lendemain nous nous sommes rendus sur le site avec les ministres concernés. On a constaté des impacts mais Dieu merci le cour de la station n’avait pas été atteint ». Un article de journal, montré par la défense, a situé cette attaque entre « le 24 et le 25 février 2011 ».

Me Altit a ensuite abordé l’attaque de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). « Il avait été demandé à l’armée et à la gendarmerie de renforcer sa protection » avait déclaré Kassaraté au bureau du procureur en 2011. Une prison située « dans la grande forêt d’Abidjan utilisée par le Commando invisible pour s’infiltrer dans la ville. Le Commando a déclenché une offensive contre la MACA pour libérer les prisonniers et avancer sur Yopougon ». « Combien ont été libérés lors de cette attaque ? » « Je ne sais pas mais c’était une prison surpeuplée ». Un extrait vidéo est alors diffusé, sur lequel un homme agité se félicite d’avoir « nettoyé Yopougon ». « Qui parle, est-ce IB ? » questionne la défense. « On ne voit pas bien, je ne sais pas, mais je confirme qu’il y a eu une offensive du Commando invisible sur la prison ».

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Kassaraté vient témoigner sur ordre de Soro

Emmanuel Altit est revenu ce matin sur les positions et les faits des ex-rebelles et notamment sur leur progression du Nord vers le Sud du pays pendant la crise. « Sur les trois zones de progression, des exactions ont-elles été commises sur la population ?» « Je n’ai pas été un témoin oculaire mais chez moi à Tabou, il y a eu beaucoup d’exactions. Une trentaine de jeunes gens ont été fusillés devant leurs parents ». Des troupes au sein desquelles évoluaient des « Dozos » a indiqué le témoin, ajoutant : « il y avait aussi des Burkinabés et des Maliens ».

Le cours de l’interrogatoire a ensuite glissé vers les rapports entre le témoin et le bureau du procureur. Le général Karassaté, ambassadeur depuis juillet 2011 à Dakar suite à sa nomination par Alassane Ouattara, a affirmé avoir payé lui-même ses billets d’avion à trois ou quatre reprises pour venir rencontrer les enquêteurs dans des hôtels d’Abidjan, d’abord en août puis en octobre 2011, et avoir témoigné sans avocat à ses côtés. « Je n’en ai pas ressenti le besoin ». Il a ensuite précisé que le bureau du procureur lui avait remis 45 000 francs CFA il y a un mois environ « pour préparer son déplacement », soit 68 euros.

Le témoin a ensuite révélé que le contact avec le bureau du procureur s’était fait par l’intermédiaire de Guillaume Soro, premier ministre de Laurent Gbagbo jusqu’en décembre 2010, et également premier ministre puis ministre de la Défense d’Alassane Ouattara, avant de devenir président de l’Assemblée nationale en mars 2012. « Soro Guillaume m’a appelé pour me dire que les enquêteurs seraient à Abidjan et qu’on se rendrait disponibles. C’est un ordre venant d’un ministre et je l’ai exécuté », a indiqué celui qui, quelques jours avant, avait affirmé être venu témoigner librement.

Dans sa déposition en 2011, Edouard Kassaraté avait précisé que Guillaume Soro, lors de cette injonction à témoigner l’avait appelé « Papa ». Il s’en est expliqué aujourd’hui en dévoilant avoir été très proche de Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous deux nés en 1972 et ayant adhéré lors de leurs études à la fédération estudiantine appelée FESCI. « Nous sommes de vieilles relations. Dans leurs débuts d’étudiants en difficultés, nous leur avons offert le gite et le couvert ».

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« Zone de guerre, une idée émise par Laurent Gbagbo »

Parole a ensuite été donnée à la défense de Charles Blé Goudé qui ne l’a prise qu’une minute pour préciser n’avoir pas de questions supplémentaires à poser au témoin. Avant de conclure, le juge Tarfusser est revenu sur la sécurisation d’Abobo gare, évoquée lors d’une réunion avec Laurent Gbagbo en février 2011. Kassaraté a alors expliqué que le général Detoh Letoh avait été nommé chef des opérations de sécurisation par le chef d’Etat-major Philippe Mangou, comme ce même Detoh Letoh avait été le 16 décembre 2010, à la tête d’un dispositif destiné « à empêcher les marcheurs d’atteindre la RTI » et où « l’Etat-major avait déployé ses troupes de façon concentrique ».

« Lors de cette même réunion, vous avez dit qu’Abobo avait été déclarée zone de guerre » a poursuivi Tarfusser. « Oui, c’était une idée émise par le Chef de l’Etat mais on a trouvé que ce n’était pas possible et l’idée a été abandonnée », a confié Kassaraté. « Quelle conséquence cela aurait eu au niveau militaire ? » « Il s’agit de chasser l’ennemi dans une zone occupée mais comme le Commando invisible était infiltré parmi la population, on a voulu éviter des dommages collatéraux ».

Durant ces six jours à La Haye et cette déposition tant attendue, Edouard Kassaraté, témoin à charge qui devait être clé pour le procureur, aura plutôt servi la défense. Une défense dont la stratégie a notamment été de démontrer à quel point la gendarmerie ivoirienne était une structure exsangue car sous dotée, et de questionner cet ancien haut responsable des FDS sur les agissements des ex-rebelles et du Commando invisible. Le général Kassaraté, qui a très souvent regardé Laurent Gbagbo pendant l’interrogatoire de l’accusation, n’aura pas témoigné contre lui.

Marquant une nouvelle suspension dans ce procès entré dans sa deuxième année, le rideau qui s’est refermé sur le prétoire de l’affaire Gbagbo-Blé Goudé, s’ouvrira à nouveau le lundi 27 mars. P-10, nouveau témoin attendu, serait un haut représentant des droits de l’Homme auprès de l’ONU. À suivre.

Source: Civox



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