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Italie - Inondations: 17 morts novembre 19 2013

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Source AFP

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De violentes inondations ont fait 17 morts dans l’île italienne de Sardaigne frappée par un événement décrit comme exceptionnel par les autorités et qualifié de “cyclone” par les médias. Le président de la région, Ugo Cappellacci, a fait état d’un bilan de “17 morts”, tout en soulignant qu’il y a “encore des disparus”, sans en chiffrer le nombre. Dans la seule zone d’Olbia (nord-est de l’île), 13 personnes ont trouvé la mort. Les sauveteurs poursuivaient leurs efforts pour atteindre des zones rurales ou montagneuses difficiles d’accès en raison de glissements de terrain et de l’effondrement de ponts. Les pompiers ont effectué plus de 600 interventions sur toute l’île.

Le gouvernement a convoqué un conseil des ministres afin de décréter l’état d’urgence pour débloquer rapidement des fonds face à ce “drame incroyable”, a annoncé le Premier ministre, Enrico Letta. La ville portuaire d’Olbia, une destination touristique prisée pendant les mois d’été, a été presque entièrement inondée, ce qui a provoqué l’évacuation de centaines de résidents. Ils ont été hébergés provisoirement dans des hôtels, salles de sport, ou pris en charge par d’autres habitants. Quatre membres d’une famille brésilienne, deux adultes d’une quarantaine d’années et leurs enfants de 16 et 20 ans, ont été retrouvés noyés dans leur appartement en sous-sol à l’entrée de la localité d’Arzachena, non loin d’Olbia.

Des averses d’une rare violence

Les averses ont surpris les habitants par leur violence. “Il est tombé 440 mm de pluie, soit autant que sur six mois en temps habituel, ce qui est un événement exceptionnel”, a noté à l’antenne de la télévision SkyTG24 Franco Gabrielli, chef de la protection civile, arrivé sur place mardi. Mais une porte-parole de cet organisme a souligné que la protection civile “n’a jamais parlé de cyclone”, un terme qui “a été utilisé seulement par les médias”. “C’est un événement extraordinaire pour la quantité d’eau qui est tombée”, a confirmé le gouverneur Cappellacci.

Ces tempêtes “ont frappé environ 20 000 personnes, mais la phase d’urgence la plus aiguë est passée”, a indiqué Gianfranco Galaffu, directeur de la protection civile à la préfecture de Sassari, qui supervise la zone d’Olbia. Il a dit toutefois craindre la découverte éventuelle d’autres “victimes qui pourraient être restées prisonnières de leurs voitures dans les zones de plus basse altitude”. Trois personnes d’une même famille sont mortes lorsqu’un pont routier s’est effondré sur leur véhicule près d’Olbia et une mère et sa fille ont été trouvées mortes dans une voiture emportée par les eaux dans la ville.

Affi N’Guessan: « Notre arrestation était politique, notre libération est politique » août 20 2013

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Le président du Front populaire ivoirien a accordé  dimanche un entretien à la station de radio camerounaise basée au Canada Cameroon Voice dans le cadre de son émission «Sans détour». Il parle du combat du FPI pour la libération des autres prisonniers politiques, du sens des dernières libérations provisoires, et des questions politiques de l’heure. Première partie.

Comment goûtez-vous les premiers délices de cette liberté retrouvée ?

J’aimerais d’abord vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de parler à vos auditeurs et dire qu’évidemment la liberté est un bien d’une importance capitale pour l’être humain. Et en être privé pendant plus de deux ans, est un calvaire, un drame. C’est donc dire que nous sommes particulièrement heureux de pouvoir retrouver la liberté.

Vous avez été libéré le 7 août, y a-t-il eu des négociations auparavant avec le FPI ? Etiez-vous informé de votre libération ou alors vous l’avez su comme tout le monde ?

Nous en avons été informés le lundi 5 août aux environs de 13 heures par le canal du journal télévisé. Le régisseur de la prison nous avait informés de ce qu’il avait reçu un message lui demandant de suivre la télévision notamment le journal de 13 heures. Lui également ne savait pas de quoi il s’agissait mais il est venu nous informer. Mais je crois que nous avons été informés en même temps que lui. Nous avons attendu le lendemain que les formalités de sortie soient exécutées et ensuite les autorités gouvernementales ont envoyé un avion qui a été chercher ceux qui étaient à Boundiali au nord-ouest du pays. Le même avion est revenu à Bouna où nous étions. C’est donc ensemble que nous avons regagné Abidjan.

Quel sens donnez-vous personnellement à cet acte du chef de l’Etat ? Est-ce un acte décisif vers la réconciliation nationale dans le pays ?

Oui je pense que c’est un signal de décrispation, un signal de repositionnement. C’est un signal qui de notre point de vue signifie que la stratégie qui a été suivie depuis le 11 avril 2011 a atteint ses limites et n’a pas produit les effets escomptés puisque le pays est dans une situation difficile. On peut dire que c’est dans l’impasse parce que la réconciliation nationale est bloquée, la fracture sociale s’élargit chaque jour, l’économie est en train de s’effondrer, les finances publiques sont au rouge. Cela signifie que la stratégie doit être révisée et nous considérons que notre libération est un signal pour dire que les autorités s’engagent dans une nouvelle voie qui doit prendre en compte l’opposition, qui doit permettre de résoudre tous les contentieux qui nous opposent, créer la confiance mutuelle et permettre à la Côte d’Ivoire de repartir sur de nouvelles bases.

Concrètement, que change cette vague de libération dans la position de principe du FPI qui avait choisi de déserter le champ politique tant que tous les militants ne seraient pas libérés ?

Dans le principe,  rien ne change puisque notre objectif stratégique reste le même. Mais dans la pratique, il est évident que tout peut changer puisque nous avons toujours revendiqué la négociation, le dialogue avec le pouvoir, la décrispation, la modération dans l’action du régime, du respect des libertés et des droits de l’homme, des principes démocratiques. Nous n’avions pas été entendus et ce que nous constatons, c’est que le pouvoir qui fait un rapprochement. Il y a une inflexion dans la ligne adoptée par le pouvoir de manière à ce que nous puissions nous retrouver sur une même plateforme, une même vision de la démarche à emprunter pour résoudre les problèmes du pays. Cela signifie qu’il y a donc une convergence qui est en train de s’amorcer et va favoriser des négociations franches et sincères pour résoudre tous les problèmes qui handicapent le pays actuellement.

Vous parlez d’inflexion du gouvernement mais toujours est-il que Charles Blé Goudé est toujours tenu au secret, Simone Gbagbo est toujours détenue, Laurent Gbagbo est toujours  à La Haye et la CPI peine à démontrer que son procès n’est pas un procès politique. Vous parlez d’inflexion mais est-ce que  Ouattara n’aurait pas pu pas aller au-delà de cette décision parcimonieuse ?

C’est pour cela que nous parlons d’inflexion, il n’y a pas de rupture. L’inflexion veut dire qu’on voit les lignes bouger. Maintenant, il appartient au pouvoir de marquer de façon plus franche en poursuivant dans la même logique de manière à ce que tout ceux qui sont encore en prison puissent trouver la liberté y compris Simone Gbagbo. Que le président Laurent Gbagbo puisse rejoindre son pays. Et que tous les exilés rentrent. Pour nous, ce sont des données de la crise. Donc résoudre la crise, c’est résoudre tous ces problèmes. Sur ces questions là, nous avons les mêmes positions, nous allons mener le même combat. Nous allons encourager le pouvoir à aller plus loin que la libération des 12 ou 14 prisonniers qui sont sortis le 5. Il faut poursuivre, c’est un processus et nous sommes rentrés dans un nouveau processus et pour ce processus les premiers signes, c’est notre libération.

Ce qui n’est pas suffisant pour dire que le processus est achevé. Il faut poursuivre et les autres signes qui vont permettre à l’opposition d’être convaincue que notre libération n’est pas un épiphénomène et un coup médiatique mais que cela rentre dans une logique, dans une politique, ce serait la libération de Simone, Laurent Gbagbo, tous les autres détenus et le retour des exilés. Plus des négociations sur toutes les autres questions qui concernent la situation économique, politique et sociale du pays. Je veux parler par exemple du désarmement des ex-combattants, de la liberté de la presse, des médias d’état, de la sécurité, de la réforme de la commission électorale. Au total toutes les réformes politiques et institutionnelles qui doivent permettre à la Côte d’Ivoire de rompre véritablement avec la période de trouble, d’agitations et d’affrontements que nous avons connue.

Vous bénéficiez d’une liberté provisoire et la procédure judiciaire poursuit son cours. Avez-vous franchement confiance en la justice de votre pays qui rendra un jugement impartial. Avez-vous encore foi en ce que la justice vous acquittera si vous le méritez ou vous condamnera si vous le méritez. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Mon appréciation, ma conception et ma vision, c’est que nous sommes dans un processus politique. Notre arrestation est éminemment politique, notre libération est politique. La justice, dans le contexte que nous connaissons en Côte d’Ivoire n’est là que pour maquiller les choses pour essayer de donner un vernis juridique et judiciaire à des actes politiques. Et c’est pourquoi on nous appelle prisonniers politiques. C’est donc le politique qui déterminera l’issue de tout cela et à la fin du processus, la justice trouvera les formules pour pouvoir entériner les décisions politiques des accords politiques qui auront été conclus entre les différentes parties.  

C’est pourquoi en ce qui me concerne, je ne me préoccupe pas de la dimension judiciaire parce que je sais que ce sont des prétextes, des instruments pour accompagner un pouvoir qui a décidé  à un moment donné de museler son opposition, de couper toutes les têtes , d’arrêter tous les dirigeants pour neutraliser l’opposition qui était perçue à cette époque comme un empêcheur de tourner en rond, comme une menace à l’installation du pouvoir qui venait d’arriver. Maintenant qu’avec notre libération, de notre point de vue, il y a une nouvelle orientation qui est donnée, nous pensons que le processus des négociations des discussions et de l’apaisement et de décrispation qui vont résulter, c’est ce qui est fondamental. La dimension judiciaire, de notre point de vue, est secondaire.

Guillaume Soro a achevé une visite à Gagnoa dans le pays bété, à Gnaliépa, à Mama le village de Laurent Gbagbo, à Kpogrobré le village de Blé Goudé. Quel sens donnez-vous à cette visite. Est-ce que c’était selon vous une manière d’assujettir les Bété ou d’humilier davantage Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ?

Je suis très mal placé pour vous répondre avec précision et concision puisque c’est monsieur Soro Guillaume qui peut dire quel est l’objectif qu’il visait en effectuant cette tournée. En ce qui me concerne, je ne peux que me poser des questions sur l’objectif politique. Est-ce qu’il s’agit d’un objectif national ou de poser des actes pour soutenir un processus d’apaisement, de réconciliation ? Est-ce que c’est une tournée qui vise un calendrier personnel ? Je ne peux vous répondre. Mais ce que j’observe, c’est que c’est une visite qui a été controversée, il y a eu beaucoup d’opposition et qu’en définitive, elle s’est effectue dans un contexte de division. Je ne pense pas que ce soit une visite qui ait contribué à rapprocher les parties et à soutenir un processus de réconciliation.

« Je suis plutôt venu vous dire que la réconciliation doit se faire. C’est en nous mettant ensemble que nous pourrons trouver une solution pour Laurent Gbagbo, Blé Goudé et tous les autres » disait Guillaume Soro. Ne pensez-vous pas que c’est le début d’un dialogue sincère que vous réclamez depuis toujours ?

Je ne sais pas si c’est de cette façon qu’on peut dialoguer, mais ce que je peux dire, c’est qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions et de bonnes idées. Il faut aussi avoir une bonne démarche. Sinon, les bonnes intentions peuvent être contre-productives et produire l’effet inverse. C’est une loi qu’il faut prendre en compte quand on est un leader politique, un homme d’état. A savoir qu’il ne suffit pas d’être bien intentionné, il faut avoir une démarche appropriée. Sinon on risque d’échouer et peut être même d’aggraver la situation.

Sur cette question des exilés, nous savons qu’il y avait comme cette épée de Damoclès qui pendait sur la tête du porte-parole Justin Koné Katinan. Est-ce qu’il y a eu une décision de justice comme prévu le 9 août dernier ou alors avez-vous eu de ses nouvelles ?

Je n’ai pas de nouvelle du dossier judiciaire.  Je n’ai pas été informé de ce qu’il y a eu une décision judiciaire.

Comment se porte le FPI que vous retrouvez et que vous avez laissé sous le leadership de Miaka Oureto  et les autres?

Mon sentiment, c’est que le FPI a grandi, il s’est renforcé dans la conscience des ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, manifestement le FPI reste le seul instrument, la seule bouée de sauvetage pour les ivoiriens face au régime actuel. Face à tout ce que nous avons observé, les exactions des forces républicaines, les violations des droits de l’homme, le non respect des libertés, face à la crainte permanente dans laquelle vivent les populations, la peur qui les habite tous les jours puisqu’aujourd’hui, jusque là on pouvait venir vous arracher votre véhicule, votre terrain, vous n’avez aucun moyen de vous défendre, les gens peuvent habiter vos maisons impunément. Face à tout cela qui constitue des préoccupations des populations, les gens ne pensent plus qu’au FPI comme la seule alternance possible, comme la seule possibilité pour eux, ne serait-ce que pour vivre tranquillement dans leur pays en sécurité. D’être le seul bouclier qui, s’il est suffisamment fort, peut leur garantir au moins la liberté d’exister, l’égalité vis-à-vis des autres citoyens. C’est pour cela que nous avons la lourde responsabilité dans la restauration de la paix, de la stabilité et de la cohésion dans le pays.

Dans votre discours de sortie de prison, vous disiez : « le pouvoir en place doit savoir que le FPI, parti d’opposition est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’il nous comprenne comme tel et qu’il ne cherche pas à détruire l’opposition parce que ce ne sera pas possible. La situation actuelle le prouve te ce ne sera pas dans l’intérêt du pays ». Y-a-t-il eu des tentatives de destruction du FPI, des exemples, qui vous permettent de parler avec autant d’autorité d’un complot qui viserait spécifiquement le FPI ?

Mon arrestation en tant que président du FPI est le signe de cette volonté d’anéantir le FPI. Avec l’arrestation de tous les dirigeants, l’objectif visé était à défaut d’anéantir le FPI, de l’affaiblir au maximum de manière à se fabriquer une opposition factice. Une soi-disant opposition qui n’en serait pas véritablement une. C’était le projet initial. Il fallait détruire le parti, à défaut l’affaiblir au maximum de manière à ce qu’il ne soit que l’ombre de lui-même. Et de manière à ce que le pouvoir qui venait de s’installer puisse régner en maître absolu sans une opposition véritable en face.

Je pense que les dysfonctionnements de la gouvernance en Côte d’Ivoire résultent de ce que ce projet là avait commencé à prospérer. Par exemple jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’opposition sur le terrain. Tous les meetings du FPI ont été démantelés, réprimés. Les médias sont quotidiennement pourchassés, suspendus et tout cela s’est traduit par un sentiment d’impunité, de règne en maitre absolu au niveau des autorités, sentiments et situations qui ont engendré beaucoup d’actes de mauvaise gouvernance, qui ont encouragé certaines forces paraétatiques à se livrer à des persécutions, des violations des droits de l’homme. Tous les dysfonctionnements que l’on a constatés pendant ces deux dernières années résultent de ce qu’on a voulu museler l’opposition sinon même la détruire.

Malheureusement [pour le pouvoir, ndlr], les Ivoiriens ont résisté au niveau individuel et collectif. Quand on les a appelés à voter, ils ont refusé de répondre à l’appel au vote pour ce qui concerne les législatives comme les municipales. Quand on les appelle à des manifestations de réjouissance, ils restent chez eux. Dans les bureaux, on voit une atmosphère morose qui existe dans les administrations. La vie a cessé d’exister en Côte d’Ivoire. Dès 18 heures, chacun rentre chez lui. Il n’y a plus ces moments d’effervescence qu’on observait dans les rues par le passé. Tout le pays est figé parce qu’il y a une situation de persécution à l’encontre d’une partie de la population, c’est donc tout cela qui a contribué à amener les autorités avec les pressions extérieures à envisager une autre façon de gérer la crise. Donc il y avait une volonté d’anéantissement mais celle-ci n’a pas pu prospérer et elle a échoué parce que le peuple ivoirien n’a pas accepté de jouer le jeu.

Propos retranscrits par Hermann Djea

Source: Nouveau Courrier

Cote d’Ivoire: (membre de la coordination Fpi en exil) : «Le jour de notre retour au pays n’est pas loin» août 13 2013

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En exil au Ghana depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo en avril 2011, l’ancien ministre Lazare Koffi Koffi ne chôme pas. Il partage son temps entre lecture et écriture. Un livre qui porte sa signature est même en instance de publication. Dans cette interview accordée à l’IA, il nourrit l’espoir d’un retour au pays mais à certaines conditions. Il jette enfin un regard sur l’actualité récente au sein de son parti le Fpi et l’opposant ne manque pas au passage de brocarder le pouvoir en place.

 

 

Comment réagissez-vous à la libération de vos camarades ?

Je suis content de voir le premier ministre Affi Nguessan, président de mon parti et tous les membres de la direction du Fpi (…) recouvrer la liberté. Je suis heureux qu’ils retrouvent enfin leur maison, leurs familles après plus de deux ans de détention pour rien. Mais c’est cela la vie du Fpi depuis sa création pour un renouveau démocratique en Côte d’Ivoire. En effet, depuis 1988, date officielle de sa création dans la forêt de Dabou, les principaux acteurs de ce parti n’ont de cesse de subir les assauts meurtriers et liberticides des conservateurs et nostalgiques du parti unique et ses dérivés. Mais nous acceptons de vivre toutes ces épreuves par amour pour la patrie. Nous acceptons de vivre toutes les situations humiliantes, toutes les frustrations, tous les dépouillements, sacrifices et autres privations même celles de nos vies pour réaliser un seul rêve : bâtir un Etat de droit et de liberté, un Etat démocratique et réellement souverain. Nous acceptons de prendre tous les coups parce que c’est nous qui avons raison. Demain, nos enfants seront fiers de nous parce que nous leur aurons laissé en héritage une nation libre qui pourra prospérer dignement. Je salue la libération des camarades dans l’attente du grand retour du plus illustre d’entre les fils de ce pays, le président Laurent Gbagbo, de son épouse, et de la multitude sans visage incarcérée pour avoir manifesté leur passion pour la patrie.

 

Avec ce qui se passe à Abidjan comment évoluent les choses au niveau d’accra en ce qui concerne la coordination en exil ?

La coordination du Fpi en exil se porte bien et reste en éveil. Elle suit avec attention les événements qui se succèdent et s’entrechoquent au pays. Elle sait que les autorités actuelles subissent de nombreuses pressions extérieures et donc qu’elles vont lâcher du lest pour éviter de prendre l’eau de toutes parts. Mais elle sait aussi que ces libérations à compte-gouttes qui vont se poursuivre peuvent cacher des manœuvres pour gagner du temps et résister à la catastrophe qui se précise chaque jour. C’est pourquoi elle garde la tête froide pour pouvoir apprécier sereinement ces événements. Elle reste donc vigilante. C’est le lieu encore une fois de remercier tous les camarades de parti, les membres de la grande famille dite pro-Gbagbo et l’ensemble des Ivoiriens de la diaspora ou vivant au pays qui depuis le 11 avril 2011 ne cessent de se mobiliser et de battre le pavé pour réclamer le rétablissement de l’ordre constitutionnel bafoué et foulé au pied et la libération du président Laurent Gbagbo arbitrairement et honteusement détenu à La Haye. Je leur recommande de ne pas baisser l’intensité de leur mobilisation qui, tout le monde le voit aujourd’hui avec la libération d’Affi et de nos camarades, est payante. Il faut croire fortement que Gbagbo nous reviendra grâce à notre mobilisation forte et constante. Et sur cela, on ne doit pas se laisser distraire par aucun discours et aucun acte des gens du pouvoir actuel. Affi et les autres sont libérés, on prend. Mais, nos yeux doivent rester fixés sur Gbagbo dont la libération doit demeurer pour nous l’objectif primordial et définitif à réaliser.

 

Il semble que nombre de vos camarades manifestent de plus en plus le désir d’un retour au pays. Vous le confirmez ?

Peut-être. Mais je ne suis pas au courant. Mais chacun est libre de faire ce que bon lui semble, entendu que tout homme est libre de ses pensées et de ses actions. Ce qui est important, c’est le jugement de l’histoire. Tous, nous seront jugés un jour par l’histoire. Et c’est ce jour-là que chacun pourra apprécier la qualité de ses choix. Et puis, jamais nous n’avons dit que nous sommes en exil pour y rester. Nous sommes venus en exil, et nos compatriotes l’ont vite compris, pour nous réorganiser et reprendre la lutte pour le retour de la légalité constitutionnelle. Et en exil, nous ne chômons pas et nous veillons à réfléchir sur l’avenir de notre pays et de l’Afrique entière. En temps voulu, selon les conditions que nous nous sommes données, nous rentrerons. Et ce jour n’est pas loin, croyez-moi.

 

Il y a aujourd’hui la réconciliation, il y a la reconstruction, il y a les élections de 2015 face à tous ces sujets quelle devrait être selon vous l’attitude du Fpi ?

 A mon sens, tout cela ne pourra être envisagé que si le président Gbagbo est libéré. Et je pense qu’Affi devra engager le dialogue politique avec les tenants du pouvoir actuel sur cette question. Je pense que les Ivoiriens n’ont pas un problème de réconciliation entre eux. Libérez Gbagbo et tous les cœurs seront à la paix et à la joie. C’est vrai que Ouattara par ses nombreuses sorties en tant que chef d’Etat tente maladroitement d’opposer les Ivoiriens entre eux (…) par sa politique de rattrapage dans l’administration, par sa volonté de créer un courant hégémonique du nord ivoirien sur le sud et par la sublimation de l’islam sur les autres religions, mais cela ne prend pas. Les Ivoiriens se reconnaissent entre eux et savent que tout cela est artificiel. Et c’est heureux. Tous subissent les errements d’une politique intérieure dans laquelle ils ne se retrouvent pas. C’est pour cela qu’à l’unisson, tous réclament la libération de Gbagbo. Et contrairement à ce qu’on veut faire croire que la question Gbagbo n’intéresse que les seuls bété par les rencontres montées de toutes pièces ces derniers temps entre les chefs des communautés bété et le pouvoir ainsi que les non-dits de la visite programmée par Soro à Gagnoa, c’est tout le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité ethnique, religieuse et même politique qui attend le retour de Gbagbo. Libérez-le donc et tout ira pour le mieux dans notre pays.

 

Justement à ce propos, dans son premier discours d’après libération, le président Affi s’est dit prêt pour un dialogue franc et sincère. il prône un programme de redressement comme base de la politique du Fpi. Comment appréciez-vous ces premiers mots ? 

D’abord je salue le courage politique du premier ministre Affi. J’observe avec bonheur, et de nombreux camarades avec moi, que ses longs mois de détention arbitraire n’ont pas eu raison de lui et il nous est revenu plus déterminé que jamais. Son premier discours était attendu et il a dit ce qu’on attendait avec un accent qui lui est propre mais un accent qui montre bien qu’il n’y a pas une catégorie de personnes qui peuvent se réclamer propriétaire de la Côte d’Ivoire. J’ai aimé son premier discours et j’ai aimé Affi et je le reconnais comme un leader, comme le chef de mon parti et j’espère qu’il ne mettra pas de temps pour reprendre sa place et organiser la lutte pour redresser comme il a dit tout la politique tordue actuelle de ceux qui nous gouvernent. Et ce discours le place dans la lignée des fondateurs du parti qui ambitionnent de faire de notre pays une nation grande, démocratique, libre, prospère et souveraine. Il ne pleurniche pas parce qu’il a pris des coups – personne ne l’ayant contraint de s’occuper du peuple de Côte d’Ivoire – mais en tant que digne fils de ce pays, il est de son devoir de se saigner pour sa restauration. J’encourage ce dialogue franc et sincère qui ne doit pas être balisé autour de la question de l’entrée du Fpi au gouvernement mais sur la normalisation de l’environnement politique avec le retour du président Gbagbo au pays.

 

S’il y avait une leçon à tirer de votre exil, ce serait lequel ? Avez-vous des regrets personnels à ce stade de votre lutte ?

Oui, l’exil m’a beaucoup apporté. J’ai beaucoup appris. Il m’a permit de réfléchir sur l’action politique, sur sa finalité, mais aussi de comprendre l’essence de l’homme en société, la valeur des biens acquis, la vanité de certains projets et surtout la question de la citoyenneté. Je décris tout cela dans un livre à paraître dont le titre est Côte d’Ivoire, ma passion. Je ne regrette donc pas d’être venu en exil. Je vais retourner au pays enrichi et renouvelé.

 

L’INTELLIGENT D’ABIDJAN N°2887

Du Lundi 12 Août 2013

 

Cote d’Ivoire: Depuis son exil, Konaté Navigué allume le regime Ouattara juin 13 2013

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Depuis plus de deux ans, Konate Navigue, secretaire National de la JFPI est en exil. Dans cet entretien , le charismatique leader de la jeunesse du parti de Laurent Gbagbo s’indigne de l’arrestation de Koua Justin et fustigie le regime dictatoriale en place en Cote d’Ivoire.

Quels sont vos premiers commentaires suite à l’arrestation de Koua Justin ?vous vous attendiez à cette arrestation?

Bien sûre qu’on s’attendait a cette arrestation .  On aurait été naïf si on ne s’y attendait pas. Seulement on ne pouvait savoir ni la date ni le lieu de l’arrestation , ni même les circonstances. Sinon on savait qu’un jour ils allaient en faire un chou gras a cause du travail  colossal qu’il abattait sur le terrain dans le cadre de la mobilisation des ivoiriens.  Mais il ne pouvait pas abandonner le travail politique de peur d’être arrêté .il a fait ce qu’il y avait a faire et comme prévu ils l’ont enlevé . Il a tout mon soutien et celui de la jeunesse ivoirienne. Il reviendra, c’est certain.

Ses discours à l’endroit du régime sont trop durs…n’a t’il pas prête le flan lui même ? Est ce qu’il ne devait pas mettre de l’eau dans son vin?

Quel vin? Monsieur! on ne met pas de l’eau dans le vin avant de le boire, sinon il perd sa saveur et il n’est plus buvable. J’ai entendu parfois ce discours . Mais vous êtes entrain de dire que les paroles et les discours de Justin sont plus durs que les tortures subies par nos militants dans les camps de concentration dénonces par les organisations des droits de l’homme ? Qu’est qu’ils entendent par démocratie?  Dans nos meetings,  on  dénonce  la violation des droits de l’homme on se bat pour les libertés individuelles et collectives on dénonce les promesses non tenues , on dénonce le ballonnement  de la presse , on appelle  a la mobilisation des ivoiriens pour la libération du président Gbagbo .  Bref, on se bat pour la restauration de la démocratie.  Jamais on a parle d’insurrection dans nos interventions.  c’est cela être dur  ?  Ils veulent certainement que le FPI se taise à jamais pour qu’ils se la coulent  douce dans une dictature sans précédent. Malheureusement pour eux, le FPI ne se taira pas. Ce n’est pas de sa nature, ni de sa culture de se taire. Peut être qu’ils nous enverrons tous en exile  et /ou en prison.

Le régime accuse d’être en contact avec les démobilisés de Bouaké. En plus, on l’accuse d’être à la base des attaques d’Abengourou et d’Abidjan…

Ah bon! S’ils ont perdu le contact avec leurs démobilisés , c’est que c’est grave. Vous voyez, le mensonge est devenu religion d’état . S’ils ont enlevé Koua Justin, il fallait bien trouver des raisons. Mais leur disque est vraiment rayé . Plus personne ne croit à ce type de discours.  Les partisans de Ouattara n’y croient pas , la communauté international aussi. D’ailleurs l’ONU vient de finir un autre rapport qui accable une fois de plus le régime. Donc je pense que quand le mensonge arrive a ce niveau de l’état , il faut désespérer du pays.

Selon certaines personnes, ce nième enlèvement montre que le régime n’est pas prêt à aller à la réconciliation ?

Ce régime en vérité n’a jamais été pour la réconciliation simplement parce que la réconciliation ne l’arrange pas. Il ne se fait pas du tout confiance et il est bien conscient de ses faiblesses. En même temps, il est conscient de la force de mobilisation du FPI .c’est pourquoi ils interdisent toujours nos meetings. Quand tu te fait confiance, tu vas a la réconciliation et tu ouvre le jeu démocratique . Comme c’est la loi de la majorité , le peuple souverain décide.

Est-ce que cette arrestation ne va pas entamer le moral des militants ? À cette allure, on se demande si votre parti va survivre

Au contraire!  On ne le dit pas toujours, mais la politique a ses règles et ses constances. Plus vous maltraitez une organisation politique, plus vous la ballonnez, vous jetez les responsables en prison , plus vous les contraignez en exile, plus l’organisation gagne en sympathie dans l’opinion , surtout quand ladite organisation défend les bonnes causes comme le fait le FPI depuis toujours . C’est l’histoire de toutes les organisations de lutte et c’est singulièrement l’histoire du FPI depuis sa création en1982 jusqu’à sa prise du pouvoir en 2000.  Les nombreuses arrestations de ses dirigeants, l’ exile du pr.gbagbo de 1982 a 1988, les interdictions des meetings, les assassinats de nos militants ; toute cette répression de l’époque à accélère l’implantation du FPI qui, parti de rien est très vite devenu un parti de masse.
Aujourd’hui que l’histoire se répète, les même causes produiront  les mêmes effets.
Beaucoup avaient parié sur la mort du FPI après le 11 avril 2011. Même CHOI, dans son dernier discours avait annoncé la mort du FPI . Aujourd’hui , il doit être malheureux de constater que non seulement le FPI existe   mais qu’en plus il gagne encore de plus en plus du terrain. Le FPI est le Phoenix qui renaîtra toujours de ses cendres et la JFPI est une hydre: tu coupe, elle pousse. Tu recoupes, elle repousse, et Ouattara , lui, n’est pas Hercules.  Non!  En vérité  monsieur ; les arrestations des responsables n’entameront pas le moral des militants et il faut que le parti appelle les ivoiriens a un rassemblement historique et vous comprendrez le sens de mes propos.
interview realisee par Yacouba Gbane / Le TempS

France: Obligés de fuir leur quartier parce que blancs juin 1 2013

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Atlantico : Vous défendez une famille obligée de quitter son quartier parce qu’elle n’appartenait pas au groupe ethnique majoritaire. Pouvez-vous nous donner plus de détails sur cette affaire ? Que s’est-il passé exactement ?

Stéphane Maitre : Ce jour-là, une dispute a éclaté entre M. LETERME et un voisin à propos d’une dispute entre deux enfants. Rapidement, un attroupement des jeunes du quartier s’est formé autour de M. LETERME, heureusement rejoint par un ami. Ces derniers ont été roués de coups de poing, de bâtons et de planches. Ils ont été sérieusement blessés : plaie béante au niveau du crâne nécessitant 6 points de suture, traumatisme crânien, main fracturée, ecchymoses et hématomes multiples (7 et 21 jours d’ITT) ; Voyant le sang couler, les agresseurs ont pris la fuite. La police et les pompiers sont arrivés, ce qui a provoqué un nouvel attroupement. La famille LETERME s’est réfugiée dans le camion mais les jeunes du quartier hurlaient des injures et des menaces, frappant même sur le camion à coups de pied. Terrorisés, ils ont décidé de tout quitter ; en une nuit, ils ont fait leurs valises et ont déménagé le lendemain sous protection de la police.

Pourquoi avoir choisi de rendre ces faits publics ? Avez-vous eu des difficultés à faire connaître cette affaire dans les grands médias ?

Parce que la famille LETERME va se retrouver doublement victime, et veut témoigner d’une incroyable injustice : malgré l’agression violente dont il a été victime, M. LETERME s’est retrouvé lui aussi sur le banc des accusés, poursuivi à côté de ses agresseurs pour un prétendu coup de poing qu’il aurait donné pendant la bagarre, alors qu’il n’a fait que se débattre comme il pouvait pour se défendre contre huit personnes qui le rouaient de coups. Sous prétexte que l’un des agresseurs s’était fait délivrer un certificat médical de son médecin traitant et avait déposé plainte (deux jours après les faits), le parquet n’a rien trouvé de mieux que de convoquer M. LETERME, non seulement en tant que victime (ce qui était la moindre des choses), mais également en tant que prévenu auteur présumé de violences légères.

Peut-on aussi parler d’un cas avéré de racisme anti-blanc ? Avez-vous plaidé en ce sens ?

Les mots parlent d’eux-mêmes : l’un des prévenus a clairement menacé Madame LETERME en ces termes : « on va se retrouver, on va te faire la misère, on va te faire la peau, sale pute, sale blancheon va se retrouveron va vous trancher la gorge à toi et à ta fille ». Il ne s’en est même pas caché, tenant ces propos devant le policier qui protégeait Madame LETERME. Ce n’est pas la première fois. La famille LETERME avait déjà déposé deux mains courantes pour ce type de menaces ouvertement racistes.

S’agit-il d’un fait divers ou d’une affaire politique qui dépasse le simple cadre juridique ?

Il ne s’agit pas d’en faire une affaire politique, mais de constater que dans certains quartiers, il existe des cas avérés de racisme anti-blanc, où des habitants sont de fait ostracisés voire violentés parce qu’ils n’appartiennent pas à la communauté majoritaire. Cette affaire est assez topique : le lendemain, il y avait eu un article dans la presse locale, où il était expliqué en gros que c’est la famille LETERME qui n’avait pas su s’intégrer.

Mais cette affaire est tout aussi emblématique d’une curieuse façon de traiter les victimes : après le traumatisme que cette famille a vécu, il est à peine croyable que le parquet ait eu l’idée de poursuivre la victime, qui n’a fait que se défendre. La victime, un père de famille sans histoire, s’est retrouvée sur le banc des accusés au même titre que ses agresseurs aux casiers judiciaires déjà très chargés (l’un d’entre eux avait déjà 11 condamnations à son casier et les autres de 3 à 6).

Que nous révèle selon vous cette affaire de la société française ?

Une propension inquiétante à l’inversion des rôles (victime/agresseur) et à l’aveuglement devant certaines réalités (les blancs sont aussi victimes de racisme). Il ne faut pas généraliser, mais ces réalités sont pourtant vécues dans notre pays, elles arrivent devant nos tribunaux. Elles restent pourtant largement sous estimées voire niées dans la pensée unique officielle et dans les grands médias.

Quelle décision les juges ont-ils rendu dans ce dossier ?

Deux peines de prison ferme (6 mois et 2 mois) sachant  qu’en dessous de deux ans ferme, la peine est systématiquement aménagée, et 8 mois de sursis simple pour le troisième. Quant à mon client M. LETERME, à la fois victime et poursuivi pour violence légères, le Procureur a tout de même requis une peine de 1500 Eur d’amende contre lui ! Heureusement le tribunal ne l’a pas condamné. Il a été relaxé, car la poursuite le concernant était prescrite (simple contravention de violence légère, qu’il contestait au demeurant). Quant aux dommages et intérêts, ils s’élèvent en tout, pour la famille LETERME, à 7.800 euros pour tous les préjudices confondus pour les trois victimes (les parents et la petite fille de 12 ans). C’est sans aucune commune mesure avec le drame qu’ils ont vécu, et qui a changé leur vie puisqu’ils ont dû tout quitter, leur logement, leur région et même leur travail.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

Source: atlantico.fr

Cote d’Ivoire: Depuis l’exil, Konaté Navigué : «Le peuple ivoirien est dans l’enfer » mai 11 2013

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Contraint à l’exil depuis le kidnapping du président Gbagbo, le 11 avril 2011, le Secrétaire national de la jeunesse du Fpi, Konaté Navigué, demeure cependant attentif à la situation sociopolitique en Côte d’Ivoire. Dans cet entretien, il parle des récentes élections locales, de la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à la présidentielle de 2015, de l’extradition des exilés politiques (Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu et Abéhi) d’Accra vers Abidjan ainsi que du rapport des experts de l’Onu.

Notre Voie : Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu et le Commandant de Gendarmerie Abéhi, trois exilés politiques ivoiriens, ont été récemment extradés vers Abidjan dans une procédure opaque conclue entre les gouvernements ivoirien et ghanéen. Quel regard jetez-vous sur tout cela ?
Konaté Navigué : Je ne pense pas du tout que ce soit un arrangement entre le gouvernement ghanéen et les autorités Ivoiriennes. Vous m’offrez l’occasion de rassurer tous les Ivoiriens que les autorités ghanéennes qui nous accueillent ne peuvent être complices d’une telle forfaiture. Il faut plutôt les remercier pour ce qu’elles font pour ces milliers d’exilés et de réfugiés ivoiriens depuis plus de deux ans. Ce serait vraiment être ingrat et irresponsable de notre part de dire ou même de penser que le gouvernement ghanéen peut faire de la duplicité. Je pense que Blé Goudé, Dibopieu et Abéhi ont été les victimes d’un kidnapping mené par les autorités ivoiriennes à la suite d’un guet apens dont les intéressés étaient la cible. C’est ma conviction jusqu’à ce que j’obtienne d’autres éléments sur les faits. Il faut donc éviter les amalgames sur ces événements.

N.V. : Le régime Ouattara affirme que les exilés politiques pro-Gbagbo installés au Ghana veulent le déstabiliser. Qu’en dites-vous ?
K. N. : Le régime de M. Ouattara fera toujours de nous des boucs émissaires. C’est une vieille stratégie de communication qui consiste à cacher son incompétence en accusant toujours l’autre de tous les péchés. Aujourd’hui, les Ivoiriens ne vivent plus, ils survivent. Il n’y a plus de sécurité, plus de pouvoir d’achat, plus de cohésion sociale. Vous avez écouté les différents discours des travailleurs à l’occasion de la fête du travail, le 1er mai dernier. Toutes les centrales syndicales sont unanimes que rien ne va. En clair, les Ivoiriens survivent dans le désespoir. C’est un désastre. Le peuple ivoirien est dans l’enfer. Au lieu de trouver des solutions aux problèmes existentiels du peuple, on fait toujours de la diversion en indexant les pro-Gbagbo. Mais à force de l’utiliser, ce disque est rayé. C’est du déjà entendu. Le régime Ouattara fait une marche cyclique. Il part du pareil au même et du même à l’identique. Il veut nous faire passer forcément pour des démons alors qu’en la matière, nous sommes des anges. Non, arrêtons ça et pensons à la Côte d’Ivoire qui se meurt.

N.V. : Dans un rapport de l’Onu rendu public, le dimanche 28 avril 2013, des experts mandatés reprennent cette accusation du régime Ouattara. Que répondez-vous à ces accusations contenues dans ce nouveau rapport de l’Onu ?
K. N. : Ah! Parce que vous faites une différence entre les soi-disant experts de l’Onu et les autorités ivoiriennes ? Je pense que ce sont les mêmes, car ils travaillent ensemble. J’ai lu tout le rapport (300 pages) et j’ai été ahuri de constater qu’un organe comme l’Onu a pu pondre un rapport aussi léger, incohérent, contradictoire et illogique. C’est une misère morale et intellectuelle. Ce sont des allégations fantaisistes sur la base d’informations infondées que les autorités ivoiriennes ont livrées à l’Onu juste pour incriminer les pro-Gbagbo. Ce qui enlève tout crédit à un tel rapport. Je ne crois même pas que les Ivoiriens accordent une importance particulière à ce rapport parce qu’ils savent que dans le contexte actuel, des individus trouveront toujours des prétextes pour pondre des textes. D’ailleurs, pour bien montrer le manque de sérieux du rapport, les pro-Gbagbo ont écrit un ouvrage collectif disponible actuellement dans les librairies dans lequel, sans être experts, nous avons démonté les arguments des « experts » de l’Onu. Il n’est peut être pas superflu de rappeler que dans sa démarche, le Front populaire ivoirien (Fpi) a choisi la transition pacifique à la démocratie et que le très célèbre slogan du Président Laurent Gbagbo, « asseyons-nous et discutons », est notre marque déposée.

N.V. : Le 21 avril dernier, se sont tenues des élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire marquées par un très fort taux d’abstention des populations. Comment de l’exil, avez-vous interprété cette attitude des Ivoiriens ?
K.N. : Le Fpi a lancé le mot d’ordre du boycott passif en toute responsabilité. Les Ivoiriens l’ont suivi. Le 21 avril dernier, les Ivoiriens étaient partout sauf dans les bureaux de vote. C’est une victoire politique. Lorsqu’un parti politique lance un mot d’ordre qui est suivi, cela signifie que ledit parti compte dans l’opinion. Nous avons salué cette victoire électorale et félicité la direction du Fpi pour son option. Parti de masse, le Fpi gagne chaque jour et toujours en popularité. Si le peuple a écouté le parti, c’est qu’il a fait le bon choix. Le désaveu du peuple au régime Ouattara vient rappeler que le régime n’est pas légitime. De plus, ce désaveu montre que le président Gbagbo incarne toujours l’espoir du peuple ivoirien. Je voudrais saluer toutes les structures du parti pour leur implication dans l’exécution du mot d’ordre. Je salue particulièrement la Jeunesse du Fpi qui a mobilisé plus de 30 délégations à l’intérieur du pays pour la campagne du boycott. Du bureau national jusqu’aux comités de base, en passant par les fédérations, je les félicite tous. Parce que la lutte continue, nous devons rester debout. Je voudrais profiter de cette interview pour féliciter et saluer également nos camarades d’Aboisso qui viennent d’être libérés. J’invite tout le monde à davantage de cohésion, de responsabilité et de sérénité dans les différentes fédérations. Il faut avoir le réflexe militant de saisir systématiquement le bureau national en cas de problème. C’est ensemble dans la solidarité et la cohésion que nous serons utiles à notre parti et à la Côte d’Ivoire. Pour tout dire, ces élections sont une victoire des Ivoiriens.

N.V. : La Commission électorale indépendante (Cei) soutient que ces élections locales ont connu un taux de participation avoisinant les 60%. Une estimation totalement différente du constat fait par tous les observateurs nationaux et internationaux. Qu’en pensez-vous?
K.N. : J’ai ri aux éclats quand j’ai entendu le taux de 60%. C’est ridicule parce que personne ne croit à ce taux y compris même les membres de la Cei. A force de vouloir sauver la face du régime Ouattara, la Cei l’enfonce. Tous les observateurs ont parlé du très faible taux de participation. La presse occidentale qui est leur soutien a même parlé de désert électoral. Malgré cela, la Cei, par on ne sait quelle magie, annonce un taux de 60%, là où les chancelleries parlent d’un taux qui oscille entre 13 et 15 %. C’est aussi la preuve que la Cei n’est pas crédible. Le Pdci-Rda a même dénoncé la mascarade. Une commission électorale aux ordres, il faut la casser, tout simplement.

N.V. : Quelle Cei voulez-vous pour 2015 afin d’éviter les désastres électoraux que le pays connait depuis 2010 ?
K.N. : Il nous faut une commission électorale véritablement indépendante. Elle l’était avant les accords de Pretoria. Pendant ces accords, pour rétablir la paix, on a changé la composition en y introduisant les partis politiques et des mouvements rebelles. Dès lors, elle a été prise en otage et est devenue inopérante. C’était d’ailleurs une commission électorale adh’oc qui devrait cesser de fonctionner après les élections présidentielles. Il faut donc la casser et revenir à l’esprit et à la lettre du code électoral, c’est-à-dire prendre des gens de la société civile dont l’intégrité morale ne fait l’ombre d’aucun doute et leur donner le pouvoir de leur indépendance politique et financière. Ça se passe comme ça ailleurs et cela peut se faire en Côte d’Ivoire. Certaines personnes estiment qu’il faut faire appel à des organismes internationaux pour l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Je suis contre une telle proposition parce qu’étant souverainiste, je pense qu’il faut faire confiance aux Ivoiriens et à leur intelligence.

N.V. : Alassane Dramane Ouattara a annoncé sa candidature pour la présidentielle de 2015. Votre commentaire ?
K.N. : En annonçant maintenant sa candidature pour la présidentielle de 2015, M. Ouattara, à mon avis, entendait lancer un message. C’est quand même curieux que seulement après deux ans de gouvernance et à trois ans de la fin de son mandat qu’un candidat annonce déjà sa candidature. Pourquoi si tôt? A qui s’adresse-t-il ? Vraisemblablement, il s’adresse à ses partisans qui sont dans une logique de querelles intestines de succession. Il veut leur dire de cesser toute velléité de lutte parce qu’il est encore dans la course. En dehors d’un tel message, je ne vois pas pourquoi il annoncerait maintenant sa candidature.

N.V. : Comment jugez-vous l’appel du Fpi au Pdci-Rda pour sauver la Côte d’Ivoire qui sombre ?
K.N. : Je veux limiter cet appel à sa juste proportion. Je pense qu’il s’agit d’un appel de circonstance. Face au hold-up électoral qui se préparait, le Fpi a vivement interpellé le Pdci-Rda sur le danger qui le guette en tant que parti et qui guette la Côte d’Ivoire entière si le Pdci était complice d’une telle mascarade. Les faits donnent aujourd’hui raison au Fpi. Pour le reste, s’il doit y avoir un appel ou un rapprochement stratégique dans le futur, le parti mènera sereinement un débat en interne et avisera.

Interview réalisée par Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

Cameroun: Joseph Antoine Bell - « Il n’y a pas de raison de le remplacer Akono » avril 26 2013

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L’appel à candidatures pour le recrutement d’un sélectionneur pour l’équipe nationale fanion du Cameroun suscite le débat dans le pays. Parmi ceux qui s’expriment, des anciens footballeurs dont l’ex gardien de buts Joseph-Antoine Bell. L’ex capitaine de l’Olympique de Marseille croit que le processus déclenché par le ministère des sports et de l’éducation physique ne vise qu’à régulariser la situation contractuelle de l’actuel sélectionneur Jean-Paul Akono. Il ne doute pas un seul instant que son compatriote et ancien coéquipier en sélection restera à son poste. Interview.

Qu’avez-vous pensé en apprenant que le ministre camerounais des sports et de l’éducation physique a demandé à la Fédération camerounaise de football de lancer un appel à candidatures pour le recrutement d’un sélectionneur national ?

J’ai entendu dire que le ministère des sports et de l’éducation physique avait donné 72 heures ou quelque chose comme ça. Même si la logique aurait voulu que l’on puisse simplement écouter le ministère des sports et la fédération et éventuellement l’intéressé, moi je ne crois pas qu’il y ait matière à faire des vagues ou des tonnes. A l’étranger, oui. A l’étranger, on se serait surpris à commenter cet appel d’offres et à commenter la possibilité d’un remplacement de l’entraîneur. Peut-être que je me trompe, mais je me dis : de la manière dont Jean-Paul Akono est arrivé au poste et de la manière dont les choses sont faites au Cameroun, il s’agit plus d’une procédure administrative que réellement d’un recrutement. Voilà comment j’ai perçu cela. On ne lance pas un appel à candidature, on ne boucle pas un dossier en 72 heures. Voilà les indices qui m’ont fait penser qu’il s’agissait de la formalisation de quelque chose.

L’entraîneur Jean-Paul Akono que vous considérez comme le bénéficiaire de cet appel à candidatures estime que c’est une mauvaise chose que d’agir de la sorte et refuse de postuler… Il n’a plus besoin de postuler ! Il est connu, il est en place ! Mais ce qui est regrettable dans l’affaire et qui fait en tout cas mal c’est qu’on a l’impression qu’il y a un manque de confiance entre les parties prenantes et qu’il y a une absence de communication. Les deux choses font qu’on peut avoir ces déclarations contradictoires. Je crois que la seule chose qui aurait pu être publique, c’est la déclaration d’appel d’offres. Des discussions d’homme à homme auraient dû avoir lieu et qui auraient dû suffire aux uns et aux autres pour savoir qu’est-ce qu’il y a à faire. L’appel à candidatures, c’est plus pour les gogos, notamment les gogos étrangers qui se précipitent et qui appellent de toutes parts, qui enverraient leurs dossiers et l’affaire serait bouclée trois jours plus tard avec à mon sens, la confirmation d’Akono. Il ne faut pas oublier que Akono a pris ses fonctions il y quelques mois. Je ne crois pas du tout que le Cameroun soit aujourd’hui dans l’optique de s’offrir en spectacle supplémentaire.

On a remplacé l’entraîneur il y a quelques mois. Celui qui est là s’occupe de l’équipe et on gagne. Si on devait le remplacer, on attendra au moins une occasion. Et là, il n’y a pas d’occasion pour le remplacer. Il n’y a pas de raison de le remplacer. Je ne crois pas que ce soit le moment d’opérer un nouveau changement qui va apporter de nouvelles vagues ainsi de suite. Je ne crois pas beaucoup à l’idée de remplacement de Jean-Paul Akono. En revanche, je maintiens que la communication est malheureusement défaillante, pour ne pas dire, à l’intérieur, absente. Et ça, non seulement on le savait, on le sait pour le déplorer, que la communication entre la Fédération camerounaise de football et le ministère des sports et de l’éducation physique ne passe pas. On sait aussi que la communication entre la Fédération et son entraîneur ne passe pas forcément. On a vu les débuts… Tout cela est très regrettable et préjudiciable en même temps. Je ne vais pas reprocher à Jean-Paul Akono de s’être exprimé, mais je crois qu’il y a quelque chose qui ne va pas, ça c’est clair.

Il y a quelques années vous disiez que quand on veut un entraîneur, on va le chercher, on ne lance pas un appel à candidatures pour en retenir un…

Absolument. Je comprends d’autant mieux ce qui s’est passé à cette occasion. On a déjà l’entraîneur. Si on procède encore à un appel d’offres, si on a annoncé qu’il était là par intérim et que personne n’a annoncé la fin de son intérim, ça veut bien dire qu’il y a une formalité, qu’elle aussi me semble logique. C’est une formalité purement administrative dans la mesure où la fédération ne se suffit pas à elle-même, ne paye pas son entraîneur. L’Etat du Cameroun, pour payer, a besoin de certaines formalités, voilà pourquoi je continue de penser que c’est simplement la formalisation de ce choix, de cet acte, de ce décaissement. D’ailleurs, souvenez-vous qu’il n’y a encore pas si longtemps, le Cameroun ne lançait pas d’appel d’offres. Donc, quelqu’un un jour chez les fonctionnaires, a décidé vu le contexte de lutte contre la corruption, que le foot ne devait pas être en marge. Puisqu’on paye, on ne peut pas payer de gré à gré, c’est l’Etat qui paye de son argent. La fédération et le ministère des sports auraient pu eux aussi tout aussi bien solliciter du Premier ministère ou du ministère des sports, que l’entraîneur de football puisse échapper à cette procédure-là. Tout cela ce sont des supputations. Cela ne valait pas la peine de lancer l’appel puisque l’on sait qui on veut.

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Cote d’Ivoire: Obiang Nguema, chef de l’etat équato-guinéen - ” C’est la france et l’ONU qui ont enlevé Gbagbo” mars 4 2013

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Dans une interview exclusive au magazine panafricain Africawatch, le président équato-guinéen Obiang Nguema Basogo dénonce de manière véhémente l’intervention de la France et de l’Onu dans les conflits ivoirien et libyen. Président en exercice de l’Union africaine (UA) au moment des faits, M. Obiang s’insurge contre l’internationalisation du conflit par la France qui, avant même les élections en Côte d’Ivoire, avait clairement choisi son camp.

Q: Vous étiez le président de l’Union africaine de janvier 2011 à janvier 2012. Il y a eu plusieurs événements importants au cours de cette période, y compris la famine en Afrique de l’Est, le printemps arabe en Tunisie, Égypte et Libye, et une guerre civile en Côte d’Ivoire. Cela semble avoir été un agenda chargé pour juste sur une année au pouvoir. Comment avez-vous managé dans ces situations difficiles?

R : Eh bien, c’était vraiment une période difficile. J’ai fait face à beaucoup de problèmes au cours de mon mandat en tant que président de l’Ua, donc je ne sais pas quoi dire. Était-ce la volonté de Dieu pour moi d’être le président de l’UA à ce moment précis pour faire face à tous ces conflits et ces problèmes? Ou était-ce juste une malchance? Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai travaillé très dur pour essayer d’apporter la paix à tous les endroits où il y avait des conflits, et en Afrique en général.

En ce qui concerne les cas de la Tunisie et de l’Egypte que vous avez mentionnés, je pense que c’était des questions internes que les gens de ces pays voulaient mettre à l’attention de leurs gouvernements et des présidents. Et il n’y avait pas grand-chose qu’on pourrait faire ou dire à leur sujet au niveau de l’UA ou à l’international. À propos de la Côte d’Ivoire et de la Libye, c’était une autre paire de manches. On peut clairement dire que les deux conflits ont échappé à notre contrôle à cause de l’ingérence extérieure dans les deux pays.

En Côte d’Ivoire, par exemple, quand j’étais président de l’UA, j’ai parlé et j’ai réussi à convaincre l’ancien président Laurent Gbagbo à démissionner du pouvoir et il a accepté de le faire ; j’ai aussi essayé de convaincre l’autre partie à accepter la négociation avec Gbagbo parce qu’il avait accepté de démissionner, mais l’ingérence extérieure n’a pas donné vraiment le temps à Gbagbo de démissionner ou de s’engager dans des négociations avec l’autre partie.

En fait, le problème ivoirien n’était pas vraiment un problème au début, il s’agissait d’un malentendu. Les gens sont allés à une élection et il y avait un malentendu sur le gagnant. En fait, cela me surprend qu’à partir de ce malentendu, est né un énorme conflit qui s’est aggravé au niveau que nous avons vu.

Q: Qu’est-ce qui, à votre avis, a provoqué l’escalade?

R: Je crois que c’était l’ingérence de pays étrangers, des Nations unies et de tous les organismes qui ont vraiment aggravé le conflit en Côte d’Ivoire. Je me suis demandé pourquoi les Nations unies, une institution de la paix fondée pour favoriser la paix dans le monde, ont pris partie dans un conflit interne et créé l’escalade à l’aide de ses troupes qui sont intervenues, et ont même combattu, pour une partie au conflit.

Pourquoi n’a-t-elle pas dit: “Eh bien, nous savons que la France s’est impliquée jusqu’au cou dans ce conflit, elle a utilisé ses troupes et s’est battue pour un camp dans le conflit avant les élections, et beaucoup de personnes sont mortes. En tant que tel, la France n’est plus un arbitre impartial en Côte d’Ivoire. Elle devait donc se mettre à l’écart et donner la place à des pays neutres acceptés par les deux parties pour vraiment aider à trouver une solution acceptable en Côte d’Ivoire “.

Mais non. L’Onu, elle-même, sous l’influence des pays occidentaux au sein du Conseil de sécurité, a déployé ses troupes en tandem avec la France pour attaquer Laurent Gbagbo, le traquer dans le bunker présidentiel, et l’humilier, lui, sa femme et sa famille devant la télévision internationale. Oui, ils l’ont défilé devant la télévision internationale. Cela, pour moi, restera à jamais l’un des points les plus bas, les jours sombres mêmes des Nations unies. Pourquoi l’Onu a décidé de descendre si bas dans un conflit international me tourmente. Et beaucoup de gens sont morts en Côte d’Ivoire en raison de l’ingérence extérieure. Ils n’ont vraiment fait qu’aggraver le problème.

Q: En ce qui concerne l’UA, pouvait-elle ou devait-elle intervenir?

R: Je crois qu’il était possible à l’UA de trouver une solution, parce qu’en tant que président de l’UA, j’ai demandé à la communauté internationale de permettre à l’Union africaine de trouver une solution en Côte d’Ivoire. Je leur ai dit que c’était une opportunité pour l’Union africaine et les Africains de résoudre le problème. C’était un problème africain qui avait besoin d’une solution africaine. Mais ils n’ont pas écouté. Pour eux, il était trop tard, car ils avaient déjà pris la décision d’intervenir et d’utiliser leurs troupes contre Gbagbo, de le retirer du pouvoir au profit de l’autre partie. Ainsi, contrairement à la Tunisie et l’Egypte, ce n’était pas le peuple de Côte d’Ivoire qui a enlevé Gbagbo du pouvoir. Ce sont les Français et les troupes de l’Onu qui l’ont fait. Ce n’était même pas l’armée ivoirienne qui l’a enlevé. Ce sont les Français et les troupes de l’Onu, des troupes étrangères.

Q: Pourquoi exactement la France et les Nations unies ont-elles joué ces rôles importants dans ces conflits africains?

R: La France a joué un rôle clé dans le conflit ivoirien parce que la France avait promis de donner le pouvoir à l’autre partie. Mais elle n’allait pas le faire par les urnes ou les négociations, elle avait l’intention d’utiliser l’armée française. Et c’est exactement ce qu’elle a fait. Et quel que soit ce que nous disions en tant que dirigeants de l’Afrique siégeant à l’Union africaine, cela n’avait pas d’importance pour eux. En Libye, le conflit a aussi commencé comme une affaire interne, comme ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie, mais il a fini dans une rébellion parrainée par les pays étrangers. Tout à coup, les rebelles de l’est, qui n’avaient pas de fusils, ont reçu des armes envoyées par des pays étrangers pour lutter contre le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, qui avait contribué à la création de l’Union africaine et a soutenu l’organisation de quelque manière qu’il le pouvait.

Dans tous les pays, si un gouvernement est attaqué par des rebelles armés, le gouvernement a le droit de se défendre par le déploiement de son armée. C’est inscrit dans le droit international. Et c’est exactement ce que le gouvernement de Kadhafi a tenté de faire.

En Tunisie et en Egypte, le peuple s’est levé pour exiger un changement de gouvernement sans utiliser les armes. En Libye, c’était différent. La soi-disant armée rebelle dans l’est de la Libye a soudainement obtenu des armes en provenance de pays étrangers et les ont utilisées pour attaquer le gouvernement de Kadhafi.

On peut donc comprendre ce que Kadhafi a essayé de faire pour se défendre et défendre la souveraineté de son pays. Même si c’était un cas évident d’un gouvernement qui se défend contre l’agression rebelle, contre les rebelles financés et armés par des pays étrangers, les mêmes pays étrangers se sont cachés derrière l’Otan pour bombarder et détruire l’armée de Kadhafi et neutraliser sa capacité de se défendre et défendre son pays.

Ces mêmes pays étrangers ont à nouveau utilisé les Nations unies pour imposer une “zone d’exclusion aérienne” sur la Libye. Alors, vraiment, les mains et les pieds de Kadhafi étaient attachés par l’ingérence internationale qui a joué un rôle clé dans le conflit libyen, contrairement aux soulèvements en Tunisie et en Egypte, qui ont été autorisés à être des questions purement internes à résoudre par les peuples de ces deux pays, et non par des puissances étrangères.

On peut donc distinguer entre les soulèvements en Egypte et en Tunisie, d’une part, et les conflits en Côte d’Ivoire et en Libye, d’autre part. Les deux premiers étaient des questions internes qui ont été réglés par les peuples de ces pays eux-mêmes, tandis que la Côte d’Ivoire et la Libye ont connus des interférences internationales qui n’ont fait qu’empirer les choses.

Pour cette raison, nous pensons que les Nations unies, une institution de la paix, ne devraient pas avoir à jouer le genre de rôle qu’elle a joué en aidant les puissances étrangères à intervenir en Côte d’Ivoire et en Libye. Ce n’était pas pour cela que l’Onu a été créée. Elle a créé un mauvais précédent dans le monde.

africawatch

Burkina Faso: Dioncounda Traoré au sujet d’Ansar Dine - «Je pense que Blaise se trompe» février 4 2013

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Pour la première fois depuis le début des opérations de reconquête du nord du Mali, Dioncounda Traoré parle. Alors que les militaires français contrôlent désormais l’aéroport de Kidal, concluant ainsi la première phase des opérations sur le terrain, le président de transition malien répond aux questions de Christophe Boisbouvier, pour RFI. Compte tenu del’intérêt politico diplomatique de l’interview, nous avons jugé opportun de vous le proposer à titre documentaire.

 

Monsieur le président, le plus dur est-il fait au nord du Mali ?

Une bonne partie de la mission est accomplie, mais je ne sais pas si le plus dur est fait, parce que reconquérir les territoires occupés est une chose, réorganiser la vie et faire en sorte que les gens qui ont vécu ensemble pendant des siècles réapprennent à vivre ensemble, c’en est une autre.

Gao et Tombouctou ont été repris sans combat. Est-ce que c’est un bon signe, ou un mauvais signe ?

Si vous voulez mon avis, ce n’est ni un bon signe ni un mauvais signe, parce que nous ne savons pas exactement pourquoi il n’y a pas eu de combat. Qu’est-ce que l’adversaire mijote ? Ils se sont probablement retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés, et ils ont dû se retirer pas très loin de ces agglomérations. Alors, qu’est-ce qu’ils vont faire ensuite ? On ne le sait pas encore.

D’ici combien de semaines pensez-vous que l’ensemble du territoire sera reconquis ?

Si les choses continuent de la manière dont elles ont commencé, je pense que dans un mois au maximum, nous arriverons à être présents partout. Nous irons au-delà de Kidal, et nous irons chercher nos adversaires partout où ils iront.

Il y a eu un massacre de soldats à Aguelhok il y a un an. Ne craignez-vous pas que l’armée veuille se venger ?

Non ! Je ne pense pas que l’armée veuille se venger, d’ailleurs vous avez pu constater que même lors des scènes de pillages auxquelles nous avons assisté, l’armée était là pour dire aux populations : « Ne pillez pas, évitez les amalgames, nous ne sommes pas là pour nous venger, nous ne sommes pas là pour mener des représailles, nous sommes là pour une cause bien nette et bien claire, reconquérir notre territoire et c’est tout. » Ce n’est pas une guerre contre une ethnie, ce n’est pas une guerre contre les Touaregs, ce n’est pas une guerre contre les Bambaras, ce n’est pas une guerre contre les Soninkés, ce n’est pas une guerre contre les Songhaï. Au Mali, je crois que ce genre de problèmes n’existe vraiment pas. Je pense que vous avez écouté ce jeune capitaine qui était à Tombouctou, qui a bien expliqué aux gens qu’il ne s’agissait de s’en prendre ni aux Arabes, ni aux Touaregs, ni à quelque autre ethnie que ce soit.

Ne craignez-vous pas que des supplétifs de l’armée et des milices veuillent se venger ?

Non. Vous savez, Ganda Koy, Ganda Izo, ils sont bien gentils, mais à mon humble avis c’est un peu du folklore. D’ailleurs, avant que Konna ne soit attaquée, nous avions intégré tous ces regroupements, Ganda Koy, Ganda Izo, au sein de l’armée, et nous avions commencé à les entraîner et à les équiper de manière à ce qu’ils soient mieux surveillés et contrôlés.

Si un soldat, ou un milicien, exerce des exactions contre des populations civiles, quelles mesures prendrez-vous ?

Nous sommes très fermes là-dessus. Que ce soit un militaire ou un civil, tous ceux qui se rendront coupables de tels actes seront poursuivis devant la justice, et ils répondront de leurs actes.

Et si l’armée malienne se saisit de la personne d’Iyad Ag Ghali, que deviendra-t-il ?

Il sera jugé comme il faut. Il sera certainement jugé au Mali ; il sera peut-être jugé par les tribunaux internationaux, parce qu’il a quand même commis beaucoup d’exactions et qu’il est responsable de tout ce qui s’est passé comme massacres, comme mutilations… Je pense qu’il devra répondre de tout ça.

Avez-vous eu de ses nouvelles ?

On m’a dit qu’il s’était retiré au dernier moment de Kidal, et qu’il s’était certainement réfugié dans les montagnes, dans le Tigharghar sans doute…

rfi

Sylvain Miaka Ouretto, Président par intérim du FPI: “Si Gbagbo est libéré, la réconciliation va passer comme lettre à la poste” (1ere partie) janvier 9 2013

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Le président par intérim du Front Populaire ivoirien(FPI)fait le point de son séjour en France et de sa visite au président sénégalais à Dakar. Il profite pour appeler le chef de l’Etat ivoirien à ouvrir le jeu démocratique qui passe nécessairement par des discussions avec l’opposition, mais surtout la libération des prisonniers politiques à commencer par Laurent Gbagbo.


Notre Voie : Monsieur le président, vous avez lancé un appel au pouvoir à l’occasion de l’hommage aux prisonniers libérés. Quel sens donnez-vous à cet appel? 

Sylvain Miaka Ouretto : J’ai voulu que les choses soient dites une bonne fois pour toutes et de façon claire. Nous ne devons pas continuer à jouer au jeu de quilles, à savoir : ‘’je t’envoie la balle, tu me la renvoies’’. Nous rentrons d’une tournée et je puis affirmer de manière objective et sans faux-fuyant que toutes les personnalités françaises, qui ont accepté de nous ouvrir leurs portes, ont demandé au Fpi de rentrer dans le jeu politique. A chacune de ces personnalités, que nous saluons encore une fois, nous avons répondu que le Fpi n’est jamais sorti du jeu politique en Côte d’Ivoire. Et nous sommes d’autant plus à l’aise pour le dire qu’il y a un cas de jurisprudence. Rappelez-vous. Laurent Gbagbo, qui se trouve aujourd’hui à la Haye, avait donné l’exemple.

NV : Comment ?

S.M.O : Lorsque Gbagbo a accédé au pouvoir en octobre 2000, dès 2001, il a organisé le Forum national de la réconciliation. Il a fait venir Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara qui étaient à cette époque exilés en France. Pour donner toutes les chances de succès au forum, Laurent Gbagbo a envoyé les principaux leaders politiques en Afrique du Sud pour qu’ils s’inspirent de l’exemple de réconciliation de ce pays. J’y étais au titre du Fpi et Alassane Ouattara y était au titre du RDR. Bernard Ehui, pour le compte du Pdci. Et devant nous, des personnalités de marque d’Afrique du Sud, à commencer par le président Frederik De Klerk et Monseigneur Desmond Tutu, ont fait des exposés. Et ce qui est revenu de façon récurrente, c’est que quand on va à la réconciliation, on renonce à un peu de soi. Cela veut dire qu’il faut mettre de côté son orgueil, son amour propre et ne privilégier que l’intérêt national.

N.V : Et vous pensez que le forum s’est bien passé? 

S.M.O : Tout le monde a été témoin de ce qui s’est passé. Bédié était là. Gbagbo a tout mis en œuvre pour qu’il rentre au pays. Il a fait de même pour Alassane Ouattara. Même Guéi Robert, qui s’était replié chez lui à Kabacouma, est rentré à Abidjan. Chacun s’est exprimé librement dans une sorte de catharsis. Et au sortir de là, on s’est dit qu’on était réconcilié. Mieux, Laurent Gbagbo n’a pas attendu le forum pour mettre en place un premier gouvernement de large ouverture en tendant la main à tous ses frères pour qu’ils travaillent ensemble parce que c’est en conjuguant nos efforts que nous arriverons à relever les défis de notre pays. Au plan économique aussi, Laurent Gbagbo a pris des mesures courageuses.

N.V : Quelles sont ces mesures ?
S.M.O : Ces mesures, c’est la première fois en Afrique et même dans le monde qu’elles étaient prises. Vous vous souvenez qu’en 1999, la Côte d’Ivoire était au ban de la communauté financière internationale, suite au scandale de la gestion de 18 milliards de l’Union européenne dans le secteur de la santé. Le pays était isolé. Les ponts étaient coupés entre nous, le FMI et la Banque mondiale. Laurent Gbagbo a donc décidé de recruter les principaux dirigeants des régies financières par appel à candidature. C’était une grande première dans l’histoire politique des nations. Un cabinet privé a été commis qui a eu pour mission de recruter les directeurs généraux des impôts, de la douane et du trésor. Au terme de cet appel, ce sont trois cadres du Pdci qui ont été recrutés. Feh Kessé aux impôts, Gnamien Konan à la douane et Charles Diby au trésor. L’Etat n’a fait qu’élaborer un cahier des charges indiquant aux différents responsables que le pays doit vivre en comptant sur ses propres ressources et en considérant le concours extérieur comme un appui. C’est ce qui a permis de mettre en place ce que feu le ministre Paul Antoine Bohoun Bouabré a appelé le budget sécurisé. Et la Côte d’Ivoire s’en est sortie à bon compte en dépit du fait que le pays était divisé en deux, une grande partie étant occupée par la rébellion qui levait des impôts et percevait des taxes pendant que ses animateurs étaient payés sur le budget national établi à partir des recettes fournies par une moitié du pays.
Laurent Gbagbo aurait bien pu positionner ses seuls partisans dans la gestion du pays. Il ne l’a pas fait. Il a associé tout le monde comme je viens de l’expliquer. Je crois que ce sont des choses que nous perdons souvent de vue. C’est un acte majeur dans la conduite des affaires de l’Etat. Quand, face à cela, on voit d’autres attitudes qui tendent à montrer que les responsables ne pensent qu’à leur clan, nous disons que c’est regrettable.

N.V : Vous avez appelé Alassane Ouattara à faire en sorte que son frère Laurent Gbagbo revienne au pays. N’est-ce pas une façon de prêcher dans le désert puisque le pouvoir estime que le cas Laurent Gbagbo n’est plus de son ressort ? 

S.M.O : Je trouve que cette façon de voir est malheureuse. Je considère même que c’est une fuite en avant. Parce que c’est le président Alassane Ouattara qui a écrit aux responsables de la CPI pour leur livrer le président Laurent Gbagbo. Et tout le monde sait comment il a été traité et transféré. Le même chef d’Etat peut écrire pour demander, au nom de la réconciliation, que son frère lui soit ramené. Il peut le faire. On nous oppose chaque fois l’Etat de droit, la justice… On voit tous que la justice brandie par les tenants du pouvoir a montré ses limites. On voit aussi que l’Etat de droit a montré ses limites. Car, pour parler d’Etat de droit la justice doit être impartiale. On applique strictement les règles de droit. On ne les applique pas de manière partisane comme on le voit en Côte d’Ivoire presqu’au quotidien.

N.V : Que voulez-vous dire ? 

S.M.O : Je veux dire que la Côte d’Ivoire vit une crise depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Il y a eu des morts. Ceux qui ont causé ces morts, qui ont fait du tort aux Ivoiriens, chacun les connait. Beaucoup sont là qui ont eu de la promotion. Si on prétend appliquer la justice, pourquoi n’y a-t-il pas cette volonté que ceux-là soient traduits devant la CPI ? Pourquoi Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont-ils les seuls accusés d’avoir commis des crimes de sang dans la période post-électorale ? Que fait-on des crimes commis avant par la rébellion ? Dans quelle catégorie range-t-on les crimes des forces pro-Ouattara en mars 2011 à Duékoué ?…Tout le monde voit bien que l’application stricto-sensu de la justice pose un problème à Alassane Ouattara. Donc, quand c’est comme ça, il faut recourir à une solution politique. Que le président Ouattara recoure donc à une solution politique pour faire revenir son frère et je dis bien son frère parce que Laurent Gbagbo est son frère. Qu’il fasse donc un effort pour libérer tous les prisonniers, à commencer par son frère Laurent Gbagbo. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire sur la place publique. Lorsque nous nous sommes retrouvés en Afrique du Sud, le président Ouattara et moi avons discuté. Il le sait très bien. Quand il parle de Gbagbo, il l’appelle Laurent. Il disait mon ami Laurent. C’est cet ami-là qui est en prison à La Haye. Nous lui demandons de faire des efforts pour faire sortir son ami. Il y a quelque chose qui choque l’éthique et la morale. Laurent Gbagbo ne peut pas être à La Haye et sa femme déposée à Odienné. Si on inversait la situation, ça m’étonnerait que Laurent Gbagbo puisse maintenir Alassane Ouattara à La Haye et Dominique Ouattara quelque part dans une ville perdue de l’ouest. Dans tous les pays au monde, même là où on parle de justice et d’Etat de droit, on prend des mesures de nature politique au nom de la cohésion sociale.
Nous le disons très clairement. Si Laurent Gbagbo sort de prison, la réconciliation va passer comme lettre à la poste. C’est une vérité de Lapalisse. Pour aller définitivement à la paix, il faut que Laurent Gbagbo soit libre….
Interview réalisée par Augustin Kouyo et Boga Sivori



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