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CPI: Les verités crues du genéral Edouard Tiapé Kassaraté mars 17 2017

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Sixième et dernier jour de comparution pour le général Edouard Tiapé Kassaraté, deuxième haut-gradé des forces de défense et de sécurité (FDS) à la barre du procès Gbago-Blé Goudé. La défense a bouclé son interrogatoire plus tôt que prévu, ce qui peut être l’indice de sa satisfaction vis à vis des réponses du témoin.

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La déposition d’Edouard Tiapé Kassaraté à la Cour pénale internationale qui devait durer jusqu’à demain soir, s’est achevée cet après-midi. Les six heures d’audience prévues aujourd’hui auront donc duré moitié moins. La défense de Laurent Gbagbo ayant conclu son interrogatoire plus vite que prévu. La défense de Charles Blé-Goudé a de son côté mentionné qu’elle n’avait pas de question à poser à l’ex-commandant supérieur de la gendarmerie ivoirienne, actuel ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Sénégal, qui a été au service de Laurent Gbagbo pendant toute la durée de son mandat de président de la République.  

Les attaques du Commando invisible

Poursuivant son interrogatoire, l’avocat principal de Laurent Gbagbo a questionné le témoin sur une éventuelle intervention « de l’ambassadeur américain auprès des généraux ivoiriens pour qu’ils rallient le camp Ouattara ». « À ma connaissance cela n’a pas été le cas et l’ambassadeur ne m’a jamais contacté. Mais comme je l’ai dit, deux officiers américains étaient venus me demander si la gendarmerie ralliait le camp Ouattara. Je leur ai dit qu’il s’agissait d’un débat politique et que la gendarmerie était apolitique ».

Il a ensuite été beaucoup question du Commando invisible. Emmanuel Altit est revenu sur l’attaque ratée de la centrale thermique Azito, décrite par Kassaraté comme un point vital pour la Côte d’Ivoire, protégé par la gendarmerie, tout comme l’antenne de la RTI à Abidjan qui avait aussi été attaquée. « Le lendemain nous nous sommes rendus sur le site avec les ministres concernés. On a constaté des impacts mais Dieu merci le cour de la station n’avait pas été atteint ». Un article de journal, montré par la défense, a situé cette attaque entre « le 24 et le 25 février 2011 ».

Me Altit a ensuite abordé l’attaque de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). « Il avait été demandé à l’armée et à la gendarmerie de renforcer sa protection » avait déclaré Kassaraté au bureau du procureur en 2011. Une prison située « dans la grande forêt d’Abidjan utilisée par le Commando invisible pour s’infiltrer dans la ville. Le Commando a déclenché une offensive contre la MACA pour libérer les prisonniers et avancer sur Yopougon ». « Combien ont été libérés lors de cette attaque ? » « Je ne sais pas mais c’était une prison surpeuplée ». Un extrait vidéo est alors diffusé, sur lequel un homme agité se félicite d’avoir « nettoyé Yopougon ». « Qui parle, est-ce IB ? » questionne la défense. « On ne voit pas bien, je ne sais pas, mais je confirme qu’il y a eu une offensive du Commando invisible sur la prison ».

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Kassaraté vient témoigner sur ordre de Soro

Emmanuel Altit est revenu ce matin sur les positions et les faits des ex-rebelles et notamment sur leur progression du Nord vers le Sud du pays pendant la crise. « Sur les trois zones de progression, des exactions ont-elles été commises sur la population ?» « Je n’ai pas été un témoin oculaire mais chez moi à Tabou, il y a eu beaucoup d’exactions. Une trentaine de jeunes gens ont été fusillés devant leurs parents ». Des troupes au sein desquelles évoluaient des « Dozos » a indiqué le témoin, ajoutant : « il y avait aussi des Burkinabés et des Maliens ».

Le cours de l’interrogatoire a ensuite glissé vers les rapports entre le témoin et le bureau du procureur. Le général Karassaté, ambassadeur depuis juillet 2011 à Dakar suite à sa nomination par Alassane Ouattara, a affirmé avoir payé lui-même ses billets d’avion à trois ou quatre reprises pour venir rencontrer les enquêteurs dans des hôtels d’Abidjan, d’abord en août puis en octobre 2011, et avoir témoigné sans avocat à ses côtés. « Je n’en ai pas ressenti le besoin ». Il a ensuite précisé que le bureau du procureur lui avait remis 45 000 francs CFA il y a un mois environ « pour préparer son déplacement », soit 68 euros.

Le témoin a ensuite révélé que le contact avec le bureau du procureur s’était fait par l’intermédiaire de Guillaume Soro, premier ministre de Laurent Gbagbo jusqu’en décembre 2010, et également premier ministre puis ministre de la Défense d’Alassane Ouattara, avant de devenir président de l’Assemblée nationale en mars 2012. « Soro Guillaume m’a appelé pour me dire que les enquêteurs seraient à Abidjan et qu’on se rendrait disponibles. C’est un ordre venant d’un ministre et je l’ai exécuté », a indiqué celui qui, quelques jours avant, avait affirmé être venu témoigner librement.

Dans sa déposition en 2011, Edouard Kassaraté avait précisé que Guillaume Soro, lors de cette injonction à témoigner l’avait appelé « Papa ». Il s’en est expliqué aujourd’hui en dévoilant avoir été très proche de Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous deux nés en 1972 et ayant adhéré lors de leurs études à la fédération estudiantine appelée FESCI. « Nous sommes de vieilles relations. Dans leurs débuts d’étudiants en difficultés, nous leur avons offert le gite et le couvert ».

À lire aussi –> Altit pointe du doigt la rébellion pour défendre Gbagbo à la CPI

« Zone de guerre, une idée émise par Laurent Gbagbo »

Parole a ensuite été donnée à la défense de Charles Blé Goudé qui ne l’a prise qu’une minute pour préciser n’avoir pas de questions supplémentaires à poser au témoin. Avant de conclure, le juge Tarfusser est revenu sur la sécurisation d’Abobo gare, évoquée lors d’une réunion avec Laurent Gbagbo en février 2011. Kassaraté a alors expliqué que le général Detoh Letoh avait été nommé chef des opérations de sécurisation par le chef d’Etat-major Philippe Mangou, comme ce même Detoh Letoh avait été le 16 décembre 2010, à la tête d’un dispositif destiné « à empêcher les marcheurs d’atteindre la RTI » et où « l’Etat-major avait déployé ses troupes de façon concentrique ».

« Lors de cette même réunion, vous avez dit qu’Abobo avait été déclarée zone de guerre » a poursuivi Tarfusser. « Oui, c’était une idée émise par le Chef de l’Etat mais on a trouvé que ce n’était pas possible et l’idée a été abandonnée », a confié Kassaraté. « Quelle conséquence cela aurait eu au niveau militaire ? » « Il s’agit de chasser l’ennemi dans une zone occupée mais comme le Commando invisible était infiltré parmi la population, on a voulu éviter des dommages collatéraux ».

Durant ces six jours à La Haye et cette déposition tant attendue, Edouard Kassaraté, témoin à charge qui devait être clé pour le procureur, aura plutôt servi la défense. Une défense dont la stratégie a notamment été de démontrer à quel point la gendarmerie ivoirienne était une structure exsangue car sous dotée, et de questionner cet ancien haut responsable des FDS sur les agissements des ex-rebelles et du Commando invisible. Le général Kassaraté, qui a très souvent regardé Laurent Gbagbo pendant l’interrogatoire de l’accusation, n’aura pas témoigné contre lui.

Marquant une nouvelle suspension dans ce procès entré dans sa deuxième année, le rideau qui s’est refermé sur le prétoire de l’affaire Gbagbo-Blé Goudé, s’ouvrira à nouveau le lundi 27 mars. P-10, nouveau témoin attendu, serait un haut représentant des droits de l’Homme auprès de l’ONU. À suivre.

Source: Civox

CPI: Le 11e refus de liberer Laurent Gbagbo divise les juges mars 14 2017

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 Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont, pour la onzième fois, refusé la liberté conditionnelle demandée par Laurent Gb…agbo. L’ancien président ivoirien est incarcéré à la prison de Scheveningen, aux Pays-Bas, depuis plus de cinq ans. Son procès a débuté en janvier 2016, mais au rythme actuel, il pourrait encore durer sept à huit ans. Cette nouvelle décision a été prise à l’unanimité. Le président de la Chambre s’est, lui, déclaré en faveur de sa libération.

C’est la onzième fois que les juges de la Cour pénale internationale (CPI) rejettent une demande de mise en libération provisoire de Laurent Gbagbo. Mais cette fois, la décision n’a pas été prise à la majorité. Les juges Olga Herrera Carbuccia et Geoffrey Henderson estiment que l’ancien président ivoirien pourrait profiter d’une éventuelle libération pour prendre la fuite, grâce notamment à son « réseau » de supporters, et parce qu’il risque, devant la Cour, la prison à vie. Pour le président de la Chambre, Cuno Tarfusser, tout milite au contraire pour une mise en libération, sous condition, de l’ancien chef d’Etat.

Gbagbo pourrait avoir l’intention de fuir

Plus de cinq ans après le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, les juges estiment qu’aucune circonstance nouvelle ne change leurs précédentes décisions. L’ancien président dispose toujours de solides supporters au sein de la population ivoirienne qui, selon la majorité des juges, pourraient lui permettre de prendre la fuite s’il était libéré. S’ils ne voient « pas d’indications spécifiques » montrant que les partisans de Laurent Gbagbo pourraient « enfreindre la loi » en organisant sa fuite, les juges refusent néanmoins d’en « écarter la possibilité ». Mais ils s’appuient sur plusieurs éléments annexes, pour s’inquiéter de l’existence de ce « réseau », faisant droit aux arguments du procureur et des représentants des victimes.

Depuis le début du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, en janvier 2016, les noms de témoins protégés ont été révélés sur les réseaux sociaux. Cinq d’entre eux avaient néanmoins été divulgués par inadvertance par la Cour elle-même. L’un de ces témoins était un ancien officier, devenu ambassadeur, tandis qu’un autre était parlementaire. Plus qu’une protection sécuritaire, la Cour leur avait donc offert une sécurité politique en acceptant qu’ils déposent sous pseudonyme. Au cours des derniers mois néanmoins, les juges ont, à plusieurs reprises, refusé des demandes de protection visiblement abusives.

Mais l’activisme des partisans de Gbagbo autour du procès n’a pas pour autant cessé. Les juges leur reprochent aussi de financer et d’organiser des manifestations en faveur de leur mentor, dont la dernière à La Haye remonte à la reprise du procès le 6 février. Ils évoquent aussi la pétition en faveur de l’accusé, dont les organisateurs, l’écrivain ivoirien Bernard Dadié, et le Premier ministre togolais Joseph Koffigoh, revendiquent 26 millions de signatures. Enfin, si pour les deux juges, il n’existe « pas de preuves spécifiques » que Gbagbo aurait l’intention de fuir, la gravité des charges portées contre lui « impliquent que M. Gbagbo passera le reste de sa vie en prison » en cas de condamnation. Il pourrait donc décider de fuir pour éviter un tel scénario.

Pas de verdict avant 2022

Le président Tarfusser trouve la formule de ses collègues « étonnante » sur le fond et « radicale » sur la forme et rappelle que jusqu’ici, Laurent Gbagbo est présumé innocent. Les textes de la Cour, comme c’est aussi le cas dans de nombreux pays, rappelle-t-il, indiquent qu’un accusé doit être jugé dans « un délai raisonnable », sans qu’il ne soit réellement défini. Aux juges donc de décider du « raisonnable ». Et pour le président Tarfusser, cette limite « a été atteinte ». Laurent Gbagbo a déjà passé plus de cinq ans en détention, écrit-il. Pointant les défaillances du procureur, il rappelle que l’ancien président a passé 925 jours en prison avant d’être formellement mis en accusation. A l’époque, l’accusation avait été invitée à revoir sa copie, et avait dû relancer son enquête, jugée bien trop faible.

Le juge Tarfusser, qui au cours des audiences semble toujours courir après le temps, ajoute en outre que le procureur bouclera au plus tôt mi-2019 la présentation de tous ses témoins à la Cour. Ce sera ensuite aux avocats des deux accusés de faire valoir leur thèse, avant que le verdict ne soit prononcé. Pour Cuno Tarfusser, une trop grande flexibilité pourrait « ouvrir la porte à des abus auxquels nous ne voudrions pas voir associer » la Cour. Il ajoute que l’âge de l’accusé, 71 ans, et sa santé justifient aussi une mise en libération. Sous la plume du juge Tarfusser, on ressent les tensions au sein de la Chambre.

Nul doute que les avocats de l’ancien président tenteront, forts de cette « opinion dissidente », une nouvelle fois d’obtenir la libération de Laurent Gbagbo. Mais pour que cela soit possible, il faut qu’un Etat accepte de l’accueillir, garantisse qu’il ne prendrait pas la fuite et soit assez proche de la Cour pour permettre à Laurent Gbagbo de rejoindre chaque matin d’audience le box des accusés

Par Stephanie Maupas, RFI, 14 mars 2017

Cote d’Ivoire-Laurent Gbagbo: Les légendes ne meurent jamais ! février 13 2017

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“Laurent Gbagbo n’est pas né riche mais il est né courageux ” trait caractéristique des héros africains.Toutes les péripéties font de la vie de cet homme une histoire que même ses pires adversaires politiques n’arrivent à cerner.

homme-de-la-situation.jpgCelui dont le combat cristallise aujourd’hui l’Afrique entière et qu’on fait passer pour dictateur est rentré dans le rang des légendes africaines devenant du coup le porte-flambeau de la résistante continentale. On peut le dire, la vie politique de Laurent Gbagbo fait de lui un ” mythe “. Un personnage engagé avec une vie oreolée d’une saga par la dualité combat politique et prison. Un passage en prison chaque vingt an.

Une saga de chaque vingt an

1972 - Camps militaires de Séguela et Bouaké (dans le nord de la Cote d’Ivoire)

Dans les années 1970, le jeune Laurent, professeur d’histoire et géographie au lycée classique d’ Abidjan voit son enseignement jugé de « subversif ». Il est arrêté et emprisonné avec son épouse Simone aux camps militaires de Séguela et de Bouaké ( Mars 1971 - janvier 1973 ) par Felix Houphouët Boigny. Sa personnalité et son esprit dérangeaient déjà à cette époque. Deux années de sa jeune vie en prison qui ont forgé la conviction du couple et établi la justesse de leur combat .

1992 - Maison d ‘arrêt et de correction d’Abidjan (MACA)

Le 18 février 1992, l’opposition ivoirienne organise une marche pour exiger une plus grande ouverture politique et la suspension des mesures sociales et économiques drastiques contre le peuple. Au soir de la marche, Dramane Ouattara alors premier ministre apparaît à la télévision ivoirienne et annonce à la nation qu’il a fait arreter Laurent Gbagbo et ses alliés. Lui, son épouse, son fils Michel et la plupart de ses futurs ministres passeront 4 mois à la MACA.

Depuis cette prison, Laurent Gbagbo accorde une interview au journal La Voie et lance cette prophétie « On peut quitter la prison pour la présidence et vice versa ” L’histoire lui donnera raison.

2012 - Cours Pénale Internationale , La Haye

Le 11 Avril 2011, Laurent Gbagbo est arreté par l’armée française à Abidjan et détenu à Korhogo. Le 23 novembre 2011, la CPI émet un mandat d’arrêt à son encontre. 7 jours plus tard (le 30 novembre 2011), il est transferé illico presto à la Haye et est accusé de 4 chefs de crimes : meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et actes inhumains. Démarre alors un procès qui très vite revelera la popularité de l’homme. On se souvient encore comment les appels de soutien en sa faveur ont fait éclater le standard téléphonique de la juridiction internationale. Une mobilisation intense qui continue de mettre à nu les manœuvres impérialistes de la CPI.

Laurent Gbagbo la légende contemporaine

Celui qui dans les années 1979 publait la légende historique de ” Soundjata lion du Manding” ne savait certainement pas qu’il serait la prochaine du continent noir. Gbagbo est plus qu’ un symbole. Il est devenu une légende. une légende dont l’ histoire ” court, se répand, s’enjolive, un vrai roman…( Alphonse Daudet)

Et comme les légendes se dotent d’une dimension culturelle, son histoire qui suscite bien déja une analyse des thèmes résistance , intégrité et destinée, est peinte. Le combat de Laurent Gbagbo est aujourd’hui écrit, raconté ,chanté, et enseigné.

Avec Laurent Gbagbo, une autre légende africaine est donc née. Une légende contemporaine dont l’histoire sera transmise aux genérations futures. Une légende avec pour maitre-mots: Détermination, Résistance et Dignité. Une force et un parcours politique qui échappent à la compréhension rationnelle.

Mais les légendes ne meurent jamais. Comme le phénix, sa mort longtemps attendue sera toujours couronnée par une renaissance, avec en prime une nouvelle dimension de son combat politique.

Un processus à effets contraires

Ils ont toujours voulu le mettre en cage, le museler et en faire une paria. Ils lui ont toujours re-ouvert les portes de la gloire et de sa destinée, faisant de lui le nouveau symbole de la résistance du continent, l’icone qui donne au combat pour l’éveil des consciences africaines son coup d’accélérateur.

L’intention de ces divers procès reste le même: Le briser et le faire passer au yeux du monde pour un imposteur, un adepte de la violence et un vulgaire criminel. Mais ces épreuves loin de l’affaiblir, le rendent plus fort, lui et ses partisans qui, malgré le temps et l’adversité lui témoignent toujours leur fidélité.

Et parce que les légendes ont une dimension divine et un lien avec la destinée, Laurent sortira encore ” vivant ” et grandi de cette autre prison. La dernière de sa vie, la troisième, celle du troisième jour, celle qui mène à la gloire. Il sortira donc dans quelques temps revigoré de la Haye. Retrouvera son peuple qui s’impatiente et reprendra son combat politique, le mythique et passionnant combat pour la liberté des peuples. Parce que Laurent Gbagbo est une légende et….Les légendes ne meurent jamais.

Serge-Pacome Abonga
@ Free Gbagbo

Côte-d’Ivoire: «La pétition va permettre de libérer Gbagbo» selon le Prof. Georges-Armand Ouégnin août 25 2016

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Professeur titulaire de médecine, chirurgien urologue, ancien ministre du gouvernement Aké N’Gbo, premier vice-président du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage, ancien détenu politique à Boundiali, membre de l’ONG ‘’Solidarité pour Gbagbo’’, Georges-Armand Ouégnin fait partie des cadres non FPI mais restés fidèles à Laurent Gbagbo. Le 22 juin dernier, il était au lancement de la pétition internationale pour la libération de Gbagbo. Il l’avait signée. Aujourd’hui, il se réjouie du succès que connait cette initiative.

prof-ouegnin.jpgProfesseur, vous étiez au lancement de la pétition internationale pour la libération du président Laurent Gbagbo le 22 juin dernier. Deux mois après, quel regard portez-vous sur cette initiative ?

Je constate qu’il y a un réel engouement autour de cette pétition, une grande mobilisation autour de cette pétition. Mobilisation tant en Côte d’Ivoire que dans les pays étrangers. Je suis personnellement très satisfait de cette mobilisation et je puis dire que cette pétition qui est un moyen d’expression démocratique va nous permettre de faire libérer le président Gbagbo. J’en suis encore plus convaincu que cette initiative vient de personnalités d’envergure, le patriarche Bernard B.Dadié, de renommée internationale et qui aujourd’hui a plus de 100 ans , infatigable combattant de la liberté puis l’éminent avocat, Me Kokou Koffigoh, ancien premier ministre du Togo. Ce sont des personnalités éprises de justice, de liberté et de paix. Ils incarnent les valeurs fondamentales de la démocratie et c’est à juste titre qu’ils prennent la tête du combat pour la libération du président Laurent Gbagbo qui est le père de la démocratie en Côte d’Ivoire.

Quelle signification a pour vous la mobilisation constatée autour de cette pétition ?

Avec cette mobilisation, l’opinion publique en Côte d’Ivoire et à l’extérieur se rend compte que
malgré les 5 années de détention, le président Laurent Gbagbo reste ancré dans le cœur de l’immense majorité des Ivoiriens et fait l’objet d’une admiration hors de nos frontières. Le président Laurent Gbagbo n’a pas sa place à la CPI. Il doit revenir en Côte d’Ivoire pour participer à ce processus de réconciliation nationale, parce que les Ivoiriens veulent la réconciliation nationale, ils veulent la paix. Et à l’instar du pasteur Martin Luther King, qui en son temps, a fait le rêve qu’un jour, les Américains, au-delà de leurs clivages politiques et raciaux, finiraient par se donner la main pour bâtir une nation forte. A mon humble niveau, je fais le rêve que le président Laurent Gbagbo revienne en Côte d’Ivoire en artisan de paix tenir les mains des présidents Ouattara, Bédié, Soro et de tous les leaders politiques qui comptent dans ce pays et parler ensemble de paix et de réconciliation. Tous les Ivoiriens aspirent à la paix qui est la deuxième religion de ce pays.

On vous sent très engagé pour la libération du président alors que vous n’êtes pas de son bord politique. Alors qu’est-ce-qui justifie votre engagement ?

Je ne suis pas du parti de Laurent Gbagbo mais le RPP mon parti est un parti fidèle, un parti qui a soutenu le présent Gbagbo tout au long de son combat.

Ensuite, c’est un parti qui partage les mêmes valeurs que celles que le président Gbagbo défend, et je pense que si, aujourd’hui, le président est à La Haye, il n’est pas question pour nous de le laisser tomber. Et la meilleure façon de démontrer notre fidélité au président Gbagbo, c’est de signer cette pétition. La meilleure façon de montrer notre attachement au président Gbagbo, c’est d’adhérer à cette opération. Ainsi, la fidélité, la constance et la loyauté font que, personnellement, je soutiens cette pétition internationale pour la libérationdu président Laurent Gbagbo, pour que la justice puisse triompher. Le président Gbagbo est un homme épris de justice, de paix et de dialogue. Il l’a démontré tout au long de son mandat. Et j’aimerais ajouter pour dire que le président Houphouët Boigny père de la nation de vénéré mémoire aimait à dire que la Côte d’Ivoire était un pays béni de Dieu, parce que rappelons que Félix Houphouët Boigny était un homme de paix et de dialogue, ainsi selon lui, les Ivoiriens ne devraient que parler de paix. Pour moi, les Ivoiriens devraient parler de paix et réconciliation. Et cette paix de cœur et d’esprit, nous la voulons tous, parce que sans cette paix là, nous ne pouvons pas arriver à un développement harmonieux et lumineux de notre pays. Et laissez-moi vous rappeler un fait historique. Nous avons tous que Nelson Mandela au soir de sa vie, a été la personnalité la plus adulée du monde. Pourtant, à un moment de sa vie, il avait été traité de terroriste et de criminel. Ça veut dire que l’histoire lui a donné raison. Et l’histoire est déjà en train de donner raison à Laurent Gbagbo

Interview réalisée par Dan Opéli
Légende : Professeur Georges-Armand Ouégnin, en vrai ami de Gbagbo
signant ici la pétition le 22 juin dernier à l’hôtel Belle Côte.

CPI: Pourquoi le procès de Gbagbo et Blé Goudé a été suspendu ! août 11 2016

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Pourquoi le procès de Gbagbo et Blé Goudé a été suspendu !

Nombre d’observateurs s’interrogent encore sur la suspension du procès jumelé de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé. Et bien ! Rassurez-vous la présente suspension n’est pas liée à un dysfonctionnement au niveau de la Cpi à la Haye. La raison est toute simple, les juges de la Cpi sont en congés annuels dans le cadre des vacances judiciaires. 

Le procès reprendra le 30 août. Le 9 septembre, il y aura une autre suspension de 10 jours. Les débats vont reprendre le 19 septembre et ce, jusqu’au 5 octobre. Puis du 17 octobre au 3 novembre. Enfin, la dernière séance judiciaire de l’année 2016 s’ouvrira du 14 novembre au 9 décembre. Comme on le constate, le marathon judiciaire à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye n’est prêt de s’arrêter.

Autre Source

Côte-d’Ivoire procès Gbagbo: “La pluie de pétitions accroît la pression sur les juges” (Bénin, Cameroun) août 11 2016

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Une petition pour la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo a été lancée ce week-end par le Social Democratic Front (SDF), principal parti de l’opposition camerounaise de John Fru Ndi. Une énième initiative en accord avec les deux autres d’Accra, d’Abidjan et à celle d’anciens chefs d’Etats africains pour constituer un moyen de pression sur la Cour pénale internationale. 

lg.jpgLa libération de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo préoccupe de plus en plus les Africains de touts bords, de toutes les catégories socio-professionnelles et nationalités. En effet, une pétition en faveur de la libération de Laurent Gbagbo a eu pour cadre la ville de Bamenda, dans le nord-est du Cameroun ce week-end. Une initiative du principal parti de l’opposition camerounaise, le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi. Selon le porte-parole du mouvement politique, cette initiative viserait à libérer le vrai fils de l’Afrique. 

« Le SDF lance cet appel pour la libération d’un vrai fils d’Afrique. En l’absence de tous les acteurs responsables de la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire, toutes les décisions prises à La Haye n’auront aucune légitimité », puisqu’ «après un conflit entre deux personnes, où il y a eu des morts, on ne doit pas envoyer les gens d’un camp en prison et laisser libres ceux de l’autre camp», a-t-il indiqué. A en croire BBC, plus d’un millier de personnes ont signé sur place ladite pétition. Mais l’initiative de Bamenda n’est pas la première du genre. Déjà entre le 22 juin et le 16 juillet 2016, deux autres du genre ont été lancées. 

La première a été faite dans un hôtel à Abidjan par le tandem Bernard B. Dadié, Ivoirien, icône de la littérature africaine et l’ancien premier ministre togolais Joseph Kokou Koffigoh. Quelques semaines après, la pétition d’Abidjan, une campagne dénommée «Free Gbagbo» a été lancée à Accra au Ghana, toujours pour exiger la libération immédiate de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo. Des Ghanéens et d’autres ressortissants qui ont pris part à la cérémonie de lancement de la campagne « Free Gbagbo » ont uni leurs voix pour réclamer que le détenu ivoirien à la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye soit remis en liberté. 

Selon les organisateurs de la campagne au Ghana, la même opération a été lancée en Côte d’Ivoire et elle a déjà recueilli trois millions de signatures. Il faut ajouter à cela, l’appel du forum des anciens chefs d’Etat africains à l’endroit de la Cour pénale internationale pour la libération de Laurent Gbagbo et dont les signataires sont Joachim Chisano et Nicéphore Soglo, respectivement ancien président du Mozambique et du Bénin. 

Pression sur la CPI 

Bien d’éléments militent en faveur d’un probable dilemme de la Cour pénale internationale face à cette pluie de pétitions. La lettre des anciens présidents africains de septembre 2015, a relevé le caractère anti-constitutionnel de la proclamation du scrutin électoral de 2010 entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara sans occulter la prise de position de la communauté internationale en faveur du dernier malgré les preuves de fraudes massives dans le nord sous contrôle rebelle. Ces remarques s’ajoutent aux différentes pétitions pour apporter de l’eau au moulin de ceux qui tiennent mordicus à la libération de l’ancien président ivoirien, aujourd’hui considéré comme un prisonnier politique. 

Il est donc évident que l’opinion africaine se rend de plus en plus compte du caractère partial, partiel voire partisan du procès de l’ancien président ivoirien. A l’allure où vont les pétitions, la haute juridiction internationale pourrait se retrouver le dos au mur ou partager entre libérer un client pour sauvegarder l’adhésion des pays africains aux accords de Rome ou condamner Laurent Gbagbo au risque du retrait des pays africains de la CPI et de l’embrasement de la Côte d’Ivoire. 

Il faut rappeler que l’ex chef d’Etat ivoirien, est détenu à la Cour Pénale Internationale (CPI), pour crimes de sang et contre l’humanité, lors de la crise post-électorale de 2010 qui aurait fait selon l’ONU plus de 3000 morts. 

Christophe SESSOU 
http://beninmondeinfos.com/index.php/monde/33-afrique/3054-cpi-proces-laurent-gbagbo-la-pluie-de-petitions-accroit-la-pression-sur-les-juges 

Cote d’Ivoire/11 Avril 2015:4 ans après, les africains se souviennent et célebrent Laurent Gbagbo à Paris avril 12 2015

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11 Avril 2015, cela fait exactement 4 ans que Laurent Gbagbo a été arreté par les forces françaises et remis aux forces de son adversaire politique Alassane Ouattara avant d’ être transferé à la Haye.

gbagbo-677.jpgLes ivoiriens , africains et autres militants de la démocratie se sont donnés rendez vous à Paris pour une marche en vue du respect des souverainetés africaines. Pour Steve Beko, président du comité d’organisation, cette manifestation qui a deplacé environs 5.000 personnes a pour objectif : ” Commémorer ce triste événement et interpeller le monde entier sur la confiscation des libertés en Afrique et surtout le piétinement des constitutions africaines. ” 

20 pays africains ont signé présent à ce rendez-vous avec entre autres L’Algérie, le Tchad, le Congo, la RDC et le Cameroun. En première loge, les ministres Clotide Ohouochi, Erick Kayé, Stephane Kipré, l’ambassadeur Koudou Kessie, le politologue Michel Galy et autres leaders. Les manifestants qui ont fait escale devant l’ambassade de Cote ‘Ivoire à Paris ont entamé l’hymne national avant de scander: “ Gbagbo président ” plusieurs minutes durant.

5 kilométres de marche, de la place Victor Hugo à la place des pyramides et des adresses ou les intervenants ont fustigé la politique francaise en Afrique et la connivence avec la CPI avant de réclamer la libération de Laurent Gbgabo. 

Sur les réseaux sociaux, autre place forte de mobilisation, les ivoiriens et panafricanistes n’ont pas manqué à l’appel de ce 11 Avril. Sur sa page facebook,  Marie Noelle Ehivet Gbagbo, a martelé son étonnement face au succes de cette manifestation: ” j avoue avoir vu un miracle hier.Tous étaient là pour Laurent Gbagbo. Affidés, Gbagbo ou rien, les jusquauboutistes, les équilibristes..sous la pluie pour la Cote d’Ivoire et l’Afrique.”

Certains comme Leatitia N’guessan II et CI Yako restent dans le souvenir et la douleur: “ 4 ans après nous nous souvenons. Ouattara et la France ont massacré des milliers d’ivoiriens. ” ;  ” Ce jour est une date de deuil pour les institutions républicaines en Cote d’Ivoire.” Idem pour Oweil Kafalo au nom de la radio la Voix de la Résistance Africaine (VRA) ” Nous voudrions nous incliner sur la mémoire des vaillants démocrates qui sont tombés avant, pendant et après cette lutte pour la démocratie, les libertés et la souveraineté assassinées ce 11 avril 2011.

Mais pour bon nombre de sympatisants de Laurent Gbagbo, ce 11 Avril est avant tout un jour pour célébrer leur champion : “ Voici le symbole de la dignité, de la sincérité, de la liberté, l’honneur incarné. Il est resté digne jusqu’au bout et il est encore jusqu’à présent. Pour lui, aucune humiliation ne sera de trop pour libérer les africains en generale et les ivoiriens en particuliers. ”  Riusty Dedi

Alfred Mabo ” Chaque génération a son histoire…et chaque histoire a ses héros… Chaque héro est désigné par rapport au camp auquel on appartient. Je suis Koudou Ggagbo Laurent…”

Colombe Mandjira a quant à elle choisi d’aller au dela du deuil et renouveler sa foi en l’avenir ” La mobilisation de Paris avec tous les symboles qui l’accompagnent, la resistance et la peur vaincue à Divo, ont marqué ce 11 avril 2015 !!! Comment ne pas espérer demain  avec Laurent GBAGBO. Il faut y croire et apporter sa contribution ! ”; ” Cher président nous t’aimons et continuons à t’attendre avec constance et espoir.” conclut Zedia Ibrahim

Point de chute de cette marche du 11 avril 2015 le dépôt de la gerbe de fleurs dans l’enceinte du conseil constitutionnel français, un moment de pure émotion qui a rappelé la douleur liée à ces tristes évènements à Abidjan.

Ce 11 Avril 2015 célebré à Paris par les partisans de Laurent Gbagbo ouvre donc la voix à Abidjan à  la quatrième année de pouvoir d’Alassane Ouattara qui s’est attaqué violemment à son prédécesseur le qualifiant d’assassin: “Merci à vous chers parents d’avoir pardonné. Quatre ans après la fin de la crise poste électorale qui a vu l’arrestation de l’assassin des ivoiriens,” a t-il déclaré devant un nombreux public ce samedi 11 Avril à Abobo .

 

Serge-Pacome Abonga

Source: Free Gbagbo

http://sergepacomeabonga.blogvie.com/

Cote d’Ivoire: Le FPI dénonce des actes de tortures sur des détenus pro-Gbagbo juillet 5 2014

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Selon le chef de l’ex-parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, Pascal Affi N’Guessan, près d’un millier de partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo, détenus de la crise postélectorale de 2010-2011, sont maintenus en prison où certains subissent des tortures.

torture.jpgLors d’une conférence de presse, Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, parti de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, affirmé que des détenus de la crise postélectorale de 2010-2011 subissaient des tortures en prison.
« Nous comptons 700 prisonniers, après nos investigations dans les prisons et auprès des familles », Pascal Affi N’Guessan, évoquant un chiffre indicatif, lors d’une conférence de presse.
« Je suis persuadé qu’ils sont environ un millier, nos camarades qui vivent l’enfer et dont certains sont torturés », a-t-il souligné.
Lors d’une rencontre avec la presse, jeudi, le ministre de la Justice Gnénéma Coulibaly a de son côté déploré tout acte de torture commis dans les prisons ivoiriennes.
Le FPI, ex-parti au pouvoir, déplore toujours des arrestations pour des raisons politiques de ses partisans, dont certains sont détenus dans des lieux tenus secrets et vivant dans des conditions de grande précarité.
« Les prisonniers politiques souffrent de maladies (…) il y a beaucoup de morts par manque de soins », a poursuivi le chef de l’opposition, sans donner de chiffres.
Libérations provisoires
Alors que le pouvoir avait annoncé le 22 mai la mise en liberté provisoire de 150 prisonniers de la crise postélectorale pour marquer la reprise du dialogue, alors bloqué depuis deux mois, avec le FPI; seulement 50 avaient été relâchés.
« Les 100 détenus restants ont leurs dossiers en cours », avait déclaré Jeannot Kouadio Ahoussou, ministre auprès du président de la République chargé du dialogue politique.
« Sur une liste de 719 détenus de la crise présentée par le FPI, dont 228 militaires et individus ne figurant pas dans les fichiers de la justice, il restera après ces prochaines libérations 341 prisonniers », selon Kouadio Ahoussou.
Laurent Gbagbo, poursuivi pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale, est emprisonné depuis plus de deux ans à La Haye.

(Avec AFP)

Côte d’Ivoire – Le parti de Gbagbo rejette la commission électorale « unilatérale » de Ouattara juillet 1 2014

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 Côte d’Ivoire – Le parti de Gbagbo rejette la commission électorale « unilatérale » de Ouattara

Par Serge Alain Koffi

Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, a de nouveau rejeté la nouvelle commission électorale chargée d’organiser la présidentielle de 2015 mais s’est disposé “à poursuivre le dialogue avec le gouvernement’’.

Le FPI “rejette la Commission Electorale Indépendante adoptée de façon unilatérale par le pouvoir’’, indique le principal parti de l’opposition, dans un communiqué publié dimanche.
Dans le communiqué sanctionnant une réunion de son comité central, le FPI “exige une Commission Electorale consensuelle, acceptable par tous, gage d’élections générales apaisées, justes et transparentes’’.

Les députés ivoiriens ont voté le 28 mai la loi sur la réforme de la CEI, chargée de la présidentielle de 2015 pour laquelle le chef de l’Etat sortant Alassane Ouattara a confirmé sa participation et malgré le rejet du texte par l’opposition qui ne siège pas à l’Assemblée nationale.

La loi qui modifie la CEI a été adoptée à la majorité par 207 députés sur 219 présents. Seuls 8 députés ont voté contre tandis que quatre se sont abstenus. Le 18 juin, M. Ouattara a promulgué le texte.
La nouvelle CEI est composée de 17 membres : un représentant du président de la République, quatre de l’administration, quatre de la société civile, quatre des partis politiques au pouvoir, et quatre de l’opposition.

L’opposition en Côte d’Ivoire, dont le FPI, continue comme elle le faisait avant l’adoption de la loi, de dénoncer une « surreprésentation » du pouvoir, qui risque de menacer, selon elle, « l’indépendance » de la commission.

En dépit de son opposition à la nouvelle CEI, le FPI s’est dit disposé “à poursuivre le dialogue avec le gouvernement afin de réussir dans les plus brefs délais, la normalisation de la vie politique et sociale’’ en Côte d’Ivoire.

SKO
Alerte-info.net

Cote d’Ivoire - FPI: Voici les décisions adoptées par le Comité Central Extraordinaire du 28 juin juin 30 2014

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Comité Central Extraordinaire du FPI: voici les décisions adoptées

- Sur convocation du Secrétaire Général et Porte-parole du Parti, le Comité Central du Front Populaire Ivoirien (FPI), s’est réuni en session extraordinaire, élargie au Comité de contrôle et aux Secrétaires Généraux de Fédération, le Samedi 28 Juin 2014, de 11 H à 14 H, à son siège provisoire, sis à Cocody les Deux Plateaux, 7ème Tranche, sous la présidence effective du Président du Parti, le camarade Pascal AFFI N’GUESSAN.
2- L’ordre du jour de cette session a porté sur deux (02) points :
- l’affaire “le Procureur de la CPI contre le Président Laurent GBAGBO” ;
- l’analyse de la situation nationale et les perspectives.
3- A propos de «l’affaire le Procureur de la CPI contre le Président Laurent Gbagbo», le Comité Central a entendu une communication de la direction du parti relative au point de la procédure et à la décision arrêtée par la Chambre préliminaire 1 de la CPI.
4- Le Comité Central du FPI prend acte de la décision de confirmation des charges retenues contre le Président Laurent GBAGBO.
5- Le Comité central note avec satisfaction les réactions de la direction du parti à la suite de cette décision, notamment à travers la déclaration du 14 juin 2014 et le point de presse du président du parti le mercredi 25 juin 2014.
6- Le Comité Central fait le constat que la stratégie de lutte adoptée en vue d’obtenir la libération du Président Laurent Gbagbo n’a pas pour l’instant abouti aux résultats escomptés.
7- Le Comité Central rappelle qu’à l’audience de confirmation des charges tenue le 03 juin 2013, la Chambre préliminaire 1 a ajourné sa décision par deux voix contre une, au motif que les preuves étaient insuffisantes pour tenir un procès contre le Président Laurent Gbagbo, et a renvoyé le procureur à la recherche d’éléments de preuves supplémentaires.
8- Le Comité Central note que malgré les moyens colossaux déployés par l’accusation et tout le temps accordé au Procureur pour apporter les preuves de la culpabilité du Président Laurent Gbagbo, la décision de confirmation des charges a été acquise avec une voie dissidente.
9- Le Comité Central en déduit que les preuves produites n’ont pas été totalement convaincantes, que les bases du procès que l’on veut engager contre le Président Gbagbo restent fragiles et qu’en conséquence l’espoir est permis.

10- S’agissant de la situation nationale, le Comité Central a entendu une communication de la direction du parti portant sur la situation générale du pays, sur le dialogue politique et la Commission Electorale Indépendante.

11- Le Comité Central a marqué sa vive préoccupation face à la situation de détresse qui gagne inexorablement l’ensemble de la population ivoirienne, les nombreuses pertes en vies humaines sur les routes, dans les inondations, dans les attaques de bandes armées…, et les atteintes graves et les violations des droits de l’Homme : droit à la vie, droit au travail, droit à une vie décente, droit à la sécurité et à la tranquillité, droit à la dignité, etc.
12- Le Comité Central est particulièrement affligé par l’acte d’immolation de Dame Mandjara Ouattara, acte qui constitue la tragique illustration du drame que vivent les populations ivoiriennes.
13- S’agissant du dialogue politique, le Comité Central rappelle que la tenue de la présente session extraordinaire a été décidée à l’issue de la session ordinaire du 31 mai 2014, en vue de procéder à une évaluation exhaustive des engagements pris par le gouvernement au cours de sa rencontre avec la direction du FPI le 22 mai 2014.
14- Le Comité Central rappelle en outre qu’il avait salué les décisions annoncées par le gouvernement et s’était félicité des premières mesures prises, notamment en ce qui concerne le dégel de certains comptes bancaires et la libération de prisonniers politiques, et avait encouragé le gouvernement à réaliser toutes ses promesses afin de créer les conditions d’édification de la confiance et d’un dialogue franc, sincère et constructif.
15- Le Comité Central note que paradoxalement dans les semaines qui ont suivi, il a été observé un raidissement de la position du gouvernement, comme en témoignent les actes d’obstruction à l’exercice des libertés fondamentales : liberté de réunion, d’expression, de culte, de circulation…, constatés notamment à Touba, Odienné, Toupah et Yopougon, l’affectation arbitraire à Odienné du camarade Koua Justin de la JFPI et la tentative d’extradition de Ahoua Don Mello du Cameroun.
16- Le Comité Central note cependant que le conseil des Ministres du mercredi 25 juin 2014 a marqué « son accord pour la poursuite du processus de dégel des comptes et pour la poursuite des procédures d’examen des dossiers de mise en liberté provisoire des détenus de la crise post électorale. »
17- Le Comité Central fait le constat avec désolation de la duplicité du gouvernement dans la conduite du dialogue politique et dans la mise en œuvre des décisions arrêtées à l’issue des négociations.
18- Le Comité Central se félicite en conséquence que cette situation ait été portée à la connaissance de la Représentante Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU qui a assuré la médiation en vue de la reprise du dialogue politique.
19- Le Comité Central, prenant note par ailleurs de l’adoption de la Résolution 2162 par le Conseil de Sécurité [à sa 7207ème séance le 25 juin 2014], salue toutes les recommandations relatives à la réconciliation nationale et la cohésion sociale, au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration des ex-combattants, à la réforme du secteur de sécurité, etc., et se félicite de la mission de bons offices confiée à l’ONUCI dans le cadre du dialogue politique entre le gouvernement et les acteurs politiques ivoiriens.
20- Enfin le Comité Central a été informé de l’adoption et de la promulgation de la loi portant reforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI).
21- Le Comité Central observe que malgré les fortes réserves du FPI, des partis de l’opposition, de la Société Civile et même d’une partie de la coalition au pouvoir d’une part, la Résolution 2062 du Conseil de Sécurité, ainsi que le rapport d’évaluation du cadre juridique et politique des élections en Côte d’Ivoire du NDI, recommandant fortement un processus de réforme inclusif et une démarche consensuelle en vue des élections justes, équitables, inclusives et transparentes en Côte d’Ivoire d’autre part, le régime Ouattara s’est entêté à créer, sur mesure, une CEI acquise d’avance à sa cause.
22- Le Comité Central note que la majorité absolue et mécanique dont dispose le groupement politique au pouvoir au sein de la CEI (de 9 à 13 voix sur 17) enlève toute signification à la présence de l’opposition au sein de cette institution et viole le principe d’équilibre qui doit être l’un des fondements de l’indépendance et de la crédibilité de la CEI. Cette violation de l’indépendance de la CEI est aggravée par la représentation au sein de cette Institution, du Président de la République, Chef de l’Exécutif, du pouvoir législatif et des Ministères de l’Administration du Territoire et de l’Economie et des Finances, tous ayant voix délibérative.
23- Le Comité Central rappelle que la décision souveraine du peuple de Côte d’Ivoire de se doter d’une Commission Electorale Indépendante découle de sa volonté de mettre en place une Institution indépendante vis-à-vis des autres pouvoirs (Exécutif, Législatif….) susceptible de rassurer les acteurs politiques engagés dans la compétition électorale et capable d’organiser des élections libres, justes et transparentes.
24- Le Comité Central fait le constat que la Commission Electorale Indépendante proposée par le gouvernement ne garantit nullement les principes de justice, de transparence et de crédibilité.
25- Le Comité Central rappelle que la meurtrière crise postélectorale qui a fait officiellement plus de 3000 morts et qui divise le pays à l’heure actuelle, tire son explication d’une CEI boiteuse, mise en place à l’issue des Accords de Pretoria.
26- Eu égard à tout ce qui précède, le Comité Central :
a) exprime sa solidarité envers les populations ivoiriennes durement affectées par les conséquences de la mauvaise gouvernance du régime Ouattara, ainsi que sa profonde compassion à toutes les familles éprouvées,
b) exige la libération de tous les prisonniers politiques, en particulier la Vice-Présidente Simone Ehivet Gbagbo, le dégel de tous les comptes bancaires et des avoirs de toutes les personnes concernées, ainsi que la normalisation définitive de la vie politique, économique et sociale en Côte d’Ivoire,
c) salue la décision du Président du parti de créer un Secrétariat National spécialement dédié à la coordination de la lutte pour la libération du Président Laurent Gbagbo,
d) réaffirme sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec le gouvernement afin de réussir dans les plus brefs délais, la normalisation de la vie politique et sociale, la restauration des libertés fondamentales, la normalisation du jeu démocratique et la sécurisation totale du pays,
e) rejette la Commission Electorale Indépendante adoptée de façon unilatérale par le pouvoir,
f) exige une Commission Electorale consensuelle, acceptable par tous, gage d’élections générales apaisées, justes et transparentes,
g) engage instamment le Secrétaire Général à prendre toutes les dispositions en vue d’organiser, dans le cadre de la stratégie de ripostes graduées, les grandes actions de masse nécessaires pour faire aboutir les revendications,
h) appelle les populations ivoiriennes à la mobilisation pour faire aboutir la libération du Président Gbagbo, la lutte pour les libertés, la justice, la réconciliation et la paix,

i) Demande aux militants et sympathisants du FPI de rester vigilants et mobilisés, à l’écoute des mots d’ordre de la Direction du Parti pour des actions d’envergure futures.
Fait à Abidjan, le 28 juin 2014

Le Comité Central



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