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Côte d’Ivoire: L’Offpi salue la libération de Simone Gbagbo et invite Ouattara à libérer également les autres prisonniers politiques avril 6 2017

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Déclaration après son acquittement –

L’Organisation des Femmes du Font populaire Ivoirien (OFFPI) a appris avec satisfaction le mardi 28 mars 2017, que l’ex-Première Dame, Simone Ehivet Gbagbo, détenue depuis le 11 Avril 2011, a été déclarée non coupable par la Cour d’assises d’Abidjan, devant laquelle elle comparaissait pour la seconde fois. Pour rappel, il faut le noter, c’est la deuxième fois que la camarade Simone Gbagbo, détenue depuis déjà six ans par le pouvoir en place, est traduite devant la Cour d’assises d’Abidjan.

L’OFFPI note, qu’aussi bien lors du premier procès qu’au cours de celui qui vient de s’achever par l’acquittement, ni l’accusation, ni les représentants des victimes, ni les témoins n’ont pu apporter la moindre preuve des chefs d’accusation imputés à l’illustre prévenue.

L’OFFPI relève par ailleurs plusieurs entorses à la loi observées au cours des deux procès, notamment le fait que la loi qui a servi à juger les faits date de 2015 alors que les supposés crimes poursuivis, eux, remontent à 2011. Violant ainsi le grand principe de la non-rétroactivité des Lois. De même, le principe sacro-saint en droit pénal, qui veut que le doute profite à l’accusé, a été constamment violé.
L’OFFPI félicite et encourage la camarade Simone Ehivet Gbagbo qui affronte ces épreuves avec dignité, face au pouvoir de monsieur Alassane Dramane Ouattara qui n’a pour seuls modes de gouvernance que la violence, l’emprisonnement, l’intimidation.

L’OFFPI salue la décision courageuse et historique de la Cour, qui acquitte la camarade Simone Ehivet Gbagbo des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui lui sont injustement imputés, alors que les vrais auteurs des crimes commis au cours de la longue crise ivoirienne de 2002 à 2011, sont connus de tous.

L’OFFPI invite la justice ivoirienne à reconsidérer la décision de la Cour d’assises qui a condamné l’ex-Première Dame à 20 ans, au regard des différents vices qui ont entaché ces assises, et demande la libération pure et simple de la camarade Simone Ehivet Gbagbo.

L’OFFPI exprime son soutien et sa solidarité à la camarade Simone Ehivet Gbagbo dans cette détention injuste et injustifiée que lui impose le pouvoir de monsieur Alassane Dramane Ouattara.

L’OFFPI invite le pouvoir de monsieur Alassane Dramane Ouattara à libérer également les nombreux prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons ivoiriennes et autres lieux illicites de détention, depuis des années, sans jugement, et parfois sans inculpation.

Enfin l’OFFPI interpelle encore une fois les hommes de loi, les Ong chargées des droits de l’homme, les chancelleries, à briser enfin le silence sur les violations quotidiennes des droits de l’homme et des lois en Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 04 Avril 2017
Pour l’OFFPI
La Secrétaire nationale
L’honorable Marie Odette Lorougnon

CPI Côte-d’Ivoire : Le Juge-président épaté par le témoignage du général Gouai Bi Poin « Ce témoin est assez fort » avril 4 2017

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 Témoin de l’accusation dans le cadre du procès Gbagbo-Blé Goudé, l’ex-commandant du CECOS, Georges Guiai Bi Poin, a achevé sa déposition à la Cour pénale internationale (CPI) ce lundi 3 avril.

Par Anne Leray

L’interrogatoire mené par l’avocat de Charles Blé Goudé, ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo, a duré moins d’une heure ce matin. Jean-Serge Gbougnon a d’abord voulu savoir si les hommes du CECOS – impliqués selon les charges de l’accusation dans les crimes commis pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire – étaient vêtus d’un treillis identifiable. « Non, le personnel du CECOS n’avait pas de tenue particulière, chacun venait avec la tenue de son corps d’origine » a précisé Georges Guiai Bi Poin.

« Charles Blé-Goudé n’a jamais participé à une réunion à l’état-major »

Plusieurs vidéos ont ponctué les questions de l’avocat ivoirien. La première, apparemment inédite pour le témoin, montrait des images d’archives du Golf et une scène militaire se déroulant au milieu des fleurs, montée sur un fond musical, et commentée ainsi par le présentateur : « des casques bleus aux côtés de la rébellion contre une force régulière de Côte d’Ivoire, le spectacle est surréaliste ». L’avocat demande au témoin s’il reconnaît l’endroit. « Je pense que c’est relatif à l’affrontement du 16 décembre ». « Quelle était la couleur des casques onusiens à cette époque ? ». « Bleus » répond le témoin.

Présentant une autre vidéo où figure l’ancien ministre de la jeunesse présent dans le prétoire, Jean-Serge Gbougnon va alors droit au but : « Durant la crise, Charles Blé Goudé a-t-il pris part une seule fois à vos réunions à l’état-major ? » « Non, Charles Blé Goudé n’a jamais participé à une réunion à l’Etat-major » affirme l’ex-commandant du CECOS. L’avocat poursuit : « Durant la crise, avez-vous reçu des instructions militaires de Charles Blé Goudé ? » « Je n’en ai jamais reçues et de toute façon je ne les aurais pas exécutées », lance le témoin.

Remontant le temps, Me Gbougnon diffuse une vidéo montrant le bataillon de l’infanterie de marine de l’armée française quittant l’Hôtel Ivoire le 9 novembre 2004. On y voit Guiai Bi Poin discutant avec un responsable de cette unité. « Où ont débuté les tirs et d’où provenaient-ils ? » interroge l’avocat. « Ils ont commencé à l’étage supérieur de l’hôtel et comme si c’était un signal, il y a eu une fusillade généralisée en provenance du régiment français (…) Sur l’esplanade, il y avait beaucoup de morts et de blessés » relate le témoin. « Les soldats français ont décroché devant vous, savez-vous si certains étaient blessés ? » « Je n’ai pas vu de blessés parmi eux. Nos hommes n’étaient pas armés, la foule non plus. Il y avait une ambiance bon enfant » décrit le témoin alors qu’à l’image, l’atmosphère paraît plutôt tendue.

Philippe Mangou : « si les gens du Golf continuent à nous emmerder… »

Jean-Serge Gbougnon met ensuite en avant le fait que certains des officiers du CECOS qui entouraient Georges Guiai Bi Poin, ont été promus sous le régime Ouattara. « Ils avaient de bons profils d’où mon choix de les avoir gardés à l’époque. Ils montrent aujourd’hui qu’ils sont de bons hommes ». Poursuivant le fil de sa démonstration, l’avocat souligne la similarité entre le CCDO (centre de coordination des décisions opérationnelles, mis en place par Alassane Ouattara en 2013, ndlr) et le CECOS (centre de commandement des opérations de sécurité). « Le CCDO était-il aussi composé de militaires, de gendarmes et de policiers, et avait-il pour mission de lutter contre le grand banditisme ? » questionne Me Gbougnon avant de conclure. « Oui » répond le témoin.

Entre autres questions subsidiaires, le juge Tarfusser a voulu savoir si des mesures avaient été prises contre le Commando invisible. « Il était infiltré à la casse d’Adjamé et n’avait pas de signes distinctifs. L’aspect inextricable de cette casse n’a pas rendu possible un renfort de patrouilles », répond le témoin. Lorsque la représentante du procureur, Melissa Pack, ouvre ses questions supplémentaires, elle reste sur le même sujet. Le témoin revient alors sur une disposition avancée par le chef d’Etat-major pour libérer ladite casse de ses occupants. « Il a proposé de la pilonner. Mais l’utilisation de l’artillerie, qui n’est pas précise, comportait trop de risques, d’autant que l’autoroute du Nord était à proximité. Cela aurait fait des dégâts collatéraux importants. Le chef d’état-major, comprenant la pertinence de ce que disaient ses généraux, a dit OK ». Le mortier, qui avait été disposé sur place, aurait alors été enlevé.

Questionné sur l’utilisation de lance-roquettes multiples, le général revient sur une réunion du 30 mars 2010. « Toutes les troupes avaient décroché et revenaient à Abidjan. Quand on est dans une situation où l’on perd ses positions, on peut être stressé. Le chef d’état-major a dit si les gens du Golf continuent à nous emmerder, on va leur en lancer un ou deux sur la tête. Nous lui avons indiqué que ce n’était pas recommandé de tirer sur un hôtel ».

« Je vais encore répéter à votre honorable que Cour… »

Lors de sa déposition, Guiai Bi Poin a rapporté plusieurs situations où des propositions émanant du chef d’état-major, Philippe Mangou, avaient été examinées et réfutées par ses généraux. Ce matin, les demandes de précision du procureur l’ont relancé sur le sujet. « Il n’y avait pas de vote mais on échangeait beaucoup. Le chef d’état-major était ouvert, disponible et comprenaient nos arguments contre ses choix opérationnels. Il s’alignait sur les positions de ses généraux. Contrairement à ce que j’ai entendu, nous étions réfléchis et responsables ».

Les questions de l’accusation qui paraissent ne plus finir, ainsi que son recours à de nouveaux documents qui, selon la défense, ne font pas partie du dossier, font peu à peu monter la tension dans le prétoire. Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, met alors sur la table l’un de ses griefs : « Le procureur a choisi depuis le début de l’affaire de nier délibérément qu’il y avait des civils armés parmi les marcheurs du 16 décembre. C’est toujours quand il est confronté à la réalité qu’il change son fusil d’épaule et essaie d’adapter son narratif ».

C’est ensuite le témoin qui est sorti de ses gonds lorsque la représentante du procureur lui a demandé si le CECOS avait ouvert le feu sur les marcheurs le 16 décembre. « Je vais encore répéter au procureur et à votre honorable Cour que l’ensemble des forces ce jour-là étaient mises à la disposition du directeur général de la police chargé de conduire les opérations ». « Oui mais avez-vous eu des informations à ce sujet ? » reprend le juge italien Cuno Tarfusser. « Non, le bilan global a été fait par le directeur de la police. Il faudrait être clair sur ce qu’on fait ici » tempête l’ex-chef de l’unité d’élite.

Ainsi se sont achevés les six jours de déposition de Georges Guai Bi Poin, témoin qui aura « exigé un bon niveau de concentration » pour reprendre les mots de Me Knoops, avocat de la défense. Après le directeur de la police, le commandant de la gendarmerie et celui du CECOS, il manque désormais le témoignage du chef d’état-major pour que la galerie des généraux qui officiaient autour de Laurent Gbagbo soit complète. Il est cependant fort probable que le témoin P-176, attendu demain à 9h30 dans le prétoire, ne soit pas Philippe Mangou.

ivoire justice

Procès Gbagbo/Blé Goudé : Amadou Soumahoro du RDR accuse Guai Bi Poin d’avoir témoigné en faveur de Gbagbo. avril 3 2017

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Le séminaire d’orientation et de préparation des précongrès et du congrès organisé par le Rdr samedi 1er avril 2017 a été l’occasion pour le secrétaire général de ce parti d’évoquer le témoignage à la CPI du général Guiai Bi Poin dans le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et une éventuelle perte du pouvoir du RHDP constituerait une véritable épouvante pour Amadou Soumahoro.

 

Ce sentiment, il l’a réitéré et martelé samedi. Le témoignage à visage découvert du général Bi Poin est  »partisan » semble dire le N°2 du Rdr. « Ecoutez les inepties et les mensonges des généraux de Gbagbo dire que le recomptage des voix était la solution. Guiai Bi Poin dit que Gbagbo ne faisait pas de point sur la situation politique. Mais dire que le recomptage était la solution, Guiai Bi Poin a pris position », a fait savoir Amadou Soumahoro. Qui appelle ses militants à suivre le procès de l’ancien président Laurent Gbagbo et de son bras droit, Charles Blé Goudé. Sa peur est d’autant plus grande qu’il a invité aussi bien les militants de sa formation politique que l’ensemble des militants du RHDP à la vigilance. «Les gens n’ont pas changé. Ils sont partout en train de se mobiliser. Restons vigilants ». Il faut indiquer que ledit séminaire a porté sur deux (02) thèmes que sont l’orientation des précongrès et la feuille de route de l’organisation du congrès.

Au terme de cette réflexion, les précongrès régionaux se tiendront simultanément du 27 au 30 avril . La date du congrès reste toutefois à définir. Le ministre Adama Bictogo assure la présidence du comité d’organisation quand M. Lemassou Fofana assure celle du comité scientifique.

Bosco de Paré
LeBanco.bet

Côte-d’Ivoire verdict Simone Gbagbo : L’ex PM Banny continue de plaider pour une justice équitable, source de réconciliation » avril 2 2017

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À propos du verdict de la Cour d’Assises acquittant Madame Simone Ehivet Gbagbo

« Encouragement à l’administration d’une justice équitable, source de réconciliation »

Quelle que soit la position qu’il occupe dans l’échelle sociale, quels que soient l’infraction, le délit ou le crime qui lui sont reprochés, tout citoyen doit être traité par la justice comme un justiciable. Et, quelle que soit la nature de ce qui est reproché au prévenu, seule la justice, après en avoir délibéré conformément aux règles du droit, peut le déclarer coupable ou innocent des charges qui pèsent contre lui.

Par ailleurs, lorsqu’un pays sort d’une crise si grave que l’autorité publique décide de mettre en œuvre un programme de justice dite transitionnelle, les recommandations issues des mécanismes de cette justice transitionnelle doivent être examinées et traduites en actes de gouvernement.

C’est pour aider le chef de l’État à réaliser son objectif de réconciliation nationale qu’au nom de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), je lui ai fait des recommandations dont certaines concernent précisément la justice.

La justice doit être équitable, c’est-à-dire qu’elle doit s’appliquer de la même façon à tous les citoyens et selon le droit. Elle doit être indépendante. Elle le sera si la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire est effective.

 

Sous ce rapport, le verdict rendu le mardi 28 mars 2017 par la Cour d’assises chargée de juger Mme Simone Gbagbo pour crimes contre l’humanité est un sujet de satisfaction. Non pas parce qu’il absout la prévenue, mais parce qu’il est conforme aux conclusions de tous les spécialistes qui, après avoir examiné la procédure en cours, ont considéré qu’elle ne permettrait pas de prononcer un jugement équitable.

Au-delà de la question de l’adéquation du verdict – je respecte le principe de l’autorité de la chose jugée – la Côte d’Ivoire doit revenir à ses objectifs de cohésion sociale et de réconciliation nationale. C’est dans ce sens que j’avais proposé l’administration d’une justice véritablement équitable, l’accélération des procédures judiciaires, la liberté provisoire pour les détenus en attente de jugement, le retour en toute sécurité de nos compatriotes encore exilés, ainsi que diverses mesures d’opportunité politique, pour encourager la réconciliation nationale.

La réconciliation nationale n’est pas incompatible avec la justice. Les personnes accusées doivent certes être jugées. Mais une fois que le verdict a été prononcé, la plus haute autorité de l’État, qui a le devoir de rassembler la Nation pour faire face au destin de la Côte d’Ivoire, peut aussi faire usage du droit de grâce reconnu au Président de la République par notre arsenal juridique.

Il ne s’agit pas d’absoudre “a priori“ les crimes et les délits qui font l’objet des délibérations de la justice, mais de mettre l’accent sur les procédures d’apaisement, de conciliation, de restauration du lien civil et de revitalisation de la citoyenneté, parce qu’il faut ressouder la nation et rétablir la culture de la paix.

Notre pays est un havre cosmopolite et humanitaire à nul autre pareil. En Côte d’Ivoire, l’humanité entière s’est donnée rendez-vous pour célébrer la fraternité que chante notre hymne national. Le premier miracle de la Côte d’Ivoire, c’est cette diversité qui a nourri longtemps la prospérité et transformé profondément le quadrilatère ivoirien.

La terre d’espérance conçue par les pères-fondateurs de la Côte d’Ivoire est une terre ouverte, pacifique, généreuse, accueillante et industrieuse. Nous avons donc un héritage prestigieux à restaurer, une place dans le concert des nations à reconquérir, une promesse faite à l’humanité à tenir. Et notre pays ne sera véritablement la terre d’espérance rêvée par nos pères que si, par l’œuvre de justice et de réconciliation, nous en faisons à nouveau la patrie de l’homme et du citoyen.

Charles Konan Banny
Membre du Bureau politique du PDCI-RDA
Ancien Premier ministre
Ancien Président de la CDVR

Côte-d’Ivoire: Sam l’Africain condamné à 6 mois de prison ferme avec 500 mille Fcfa d’amende avril 1 2017

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« Le tribunal d’Abidjan condamne Sam Jiji alias SAM l’AFRICAIN à 12 mois de prison, dont 6 mois avec sursis. Il devra aussi verser 500 mille FCFA d’amende. »

Il s’agit sûrement d’une image qui passera en boucle, peut-être durant de longues années.

Le tonitruant Sam l’Africain, arrivant au tribunal d’Abidjan les mains menottées et la bouche scotchée, après deux semaines de détention a la MACA d’Abidjan.

« Si je suis libanais, c’est que Ouattara est Burkinabé parce qu’on a le même statut», avait-il notamment déclaré lors d’un meeting, tenu début mars dans le bastion pro-Gbagbo de Yopougon.

Cette phrase vaut à Sam l’Africain d’être poursuivi pour : «des propos incitant à la haine, au tribalisme, à la xénophobie et à la révolte militaire ».

Me Altit : « Vous dites que vous avez vu des colonnes d’ex-rebelles équipées d’armes lourdes à Abidjan ? » mars 31 2017

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 Depuis lundi, Georges Guiai Bi Poin est à la barre du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, l’ex-président ivoirien et son ministre étant accusés de crimes contre l’humanité. L’interrogatoire de l’accusation s’est refermé ce matin, et la défense a pris le relais.

Par Anne Leray

« Laurent Gbagbo a-t-il donné des ordres pour que des investigations soient menées concernant les victimes civiles pendant la crise ? » Ce fut la dernière question de la représentante du procureur, Melissa Pack, ce matin à l’adresse de l’ancien chef du CECOS, Georges Guiai Bi Poin. « Non », a-t-il répondu. Après un peu plus de trois jours d’audience, l’accusation a bouclé ainsi les questions qu’elle voulait poser à son témoin.

Ce fut ensuite au tour de la défense d’intervenir. Il y eut un silence, une inspiration, et Emmanuel Altit a pris la parole. « Bonjour monsieur le témoin, je suis l’avocat principal de Laurent Gbagbo ». Ses questions se sont concentrées sur le Commando invisible, et sur les « ex-rebelles FAFN », dont le QG était situé « à Bouaké ». Invité à préciser si des incidents avaient eu lieu dans le pays lors du deuxième tour des élections en 2010, le témoin a indiqué que « des violences avaient été commises à Korhogo sur des représentants du candidat Laurent Gbagbo qui ont parfois été empêchés de voter ». Et d’ajouter : « en dehors de Korhogo qui était un cas emblématique, il y a eu d’autres échauffourées où des pro-Gbagbo ont empêché des pro-Ouattara de voter ».

« Je ne suis jamais allé à l’Hôtel du Golf »

Georges Guiai Bi Poin a estimé que le début des tensions et des attaques contre les forces de l’ordre ont commencé « dès les premiers résultats de l’élection. Ensuite il n’y a plus eu de répit ». Des crispations qu’il situe « et à la Présidence, et au Golf ». Revenant sur la mort de trois agents des forces de l’ordre brulés vifs dans un immeuble à PK18, il a précisé : « des affrontements ont aussi causé la mort de civils ». Des attaques imputées « au Commando invisible dont le leader revendiqué était IB (1) ».

« Le Commando invisible avait-il des armes lourdes ? » a demandé Emmanuel Altit. « Oui, on voyait des canons et des mortiers circuler dans la ville. Ce n’était pas pour équiper les forces armées mais la rébellion ou le Commando invisible », a mentionné le témoin. « Vous dites donc que vous avez vu de vos yeux des colonnes d’ex-rebelles devenus FAFN puis FRCI, à Abidjan, équipées d’armes lourdes ? » reformule et met en exergue l’avocat de Laurent Gbagbo. « Oui » soutient Bi Poin. « Ce matériel était-il neuf ? » veut savoir la défense. « Je ne pourrais l’affirmer ». « Vous avez dit que les forces gouvernementales étaient sous embargo, alors comment ces forces rebelles ont-elles pu obtenir ce matériel ? ». « Peut-être qu’il avait été acquis avant l’embargo, je ne sais pas. Cela signifie en tout cas qu’ils n’étaient pas à court de munitions pendant que nous, armée officielle, on tirait la langue ».

Questionné comme ses homologues de la police et de la gendarmerie sur les forces en présence à l’Hôtel du golf, le général divisionnaire s’est montré peu informé sur le sujet et a glissé au passage : « je n’y suis jamais allé ». « Y avait-il un poste d’observation de la gendarmerie à proximité de l’Hôtel du Golf ? » s’est renseigné Me Altit. « Oui et le directeur de la police nous a rapporté qu’il avait été attaqué par des militaires du Golf qui ont arraché leurs armes et pris en otage un ou deux gendarmes ».

« On ne va pas sans cesse réécrire l’histoire »

Revenant sur la marche du 16 décembre 2010, Emmanuel Altit demande confirmation : « Vous avez dit que le directeur de la police était chargé des opérations de maintien de l’ordre. Etait-ce habituel en pareil cas ? ». « Oui, c’était la règle absolue ». « Vous dites aussi que les unités du CECOS sont alors placées sous l’autorité directe des gradés de la police ? » « Oui, et vous n’avez alors plus aucune instruction opérationnelle à leur donner, vous ne savez même pas forcément où elles sont déployés ». 

Revenant en fin de journée à la création du CECOS en 2005, le témoin indiquera qu’il a conçu lui-même « le projet de structure » de ce centre de commandement et fait le choix de ses hommes. Un CECOS qui avait pour priorité « les braquages de domiciles et de véhicules ainsi que les attaques à main armée ». La structure aurait répondu à un manque : « Il n’y avait pas d’unité pour nous alerter en temps réel des attaques qui étaient la hantise du chef d’état-major et des FDS ».

Le fait qu’Emmanuel Altit, dans le cadre de son interrogatoire, soit une nouvelle fois revenu aux années 2000 et aux débuts de la rébellion en Côte d’Ivoire, a fait débat dans le prétoire. Si l’accusation estime qu’il ne faut pas s’attarder sur les événements précédant l’intervalle temporel correspondant aux charges du procureur (2010-2011), la défense estime au contraire que c’est dans ces années que se trouvent les fondamentaux de la crise postélectorale. « Ce sont les mêmes protagonistes, les mêmes causes, les mêmes effets » défend Emmanuel Altit. Le juge Tarfusser a tranché : « Oui, il y a une logique à faire cela, mais on ne va pas sans cesse réécrire l’histoire. Vous avez une marge de manœuvre que vous avez épuisée, il faut revenir au cœur du procès ».

(1) Ibrahim Coulibaly, alias IB, avait été tué le 27 avril 2011 lors d’affrontements avec les FRCI (forces républicaines de Côte d’Ivoire)

Côte d’Ivoire: Depuis Abidjan, Alpha Condé invite ses paires à «couper le cordon ombilical avec la puissance coloniale» mars 31 2017

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 Alpha Condé ce Mardi à Abidjan (ph W. KOACI.COM)

– Mercredi 29 Mars 2017 –Il a été certainement la vedette ce jour parmi ses paires à l’ouverture de la deuxième Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique qui se tient depuis ce matin à Abidjan et qui prend fin le 30 mars prochain.

Le Président guinéen, Alpha Condé a au cours de son adresse exprimé haut et fort certains verités que ses collègues expriment bas.

En présence d’Alassane Ouattara, de Macky Sall, d’Ellen Johnson Sirleaf, il a attaqué l’ancienne puissance.

Ces attaques ont été parfois saluées par le public qui a effectué massivement le déplacement du Sofitel Hotel Ivoire à travers des ovations.

Il a invité les dirigeants africains de rompre le cordon ombilical qui les lie avec l’ancienne puissance parce qu’ils sont capables de se prendre en charge, vu que l’Afrique regorge de beaucoup de potentialités.

«Nous sommes encore trop attachés à la puissance coloniale. Il faut couper le cordon ombilical, » a déclaré Alpha Condé.

«Comment pouvons nous parler d’indépendance financière quand l’Union Africaine est financée par l’Union Européenne, » a-t-il poursuivi.

Convaincu que l’émergence en 2050 est atteignable, Apha Condé estime que la forte croissance durable de l’Afrique doit contribuer à améliorer les conditions de vie des citoyens.

Tout en prônant l’intégration africaine, le Président guinéen explique que les problèmes entre pays, ne doivent pas influer sur les relations économiques comme c’est le cas en ce moment.

Alpha Condé a également mentionné dans son adresse que la lutte contre le terrorisme ne pourra jamais aboutir par les armes.

«On ne pourra jamais vaincre le terrorisme par les armes, » a-t-il ajouté.

Le Président guinéen a touché du doigt le problème d’immigration des africains. Il s’est dit peiné par les morts que ce phénomène engendre en Afrique.

Selon lui, il faut trouver du travail pour la jeunesse afin que cette pratique cesse.

«Quand il s’agit de nous on parle d’immigrants et quand c’est eux, on parle de migrants, » a conclu Condé sans explications.

Par ailleurs, face aux propos virulents qu’il a tenus, le Président de la Guinée a été interpellé par son homologue de la Côte d’Ivoire qui à la limite le chahutait.

«Mon frère j’ai oublié de te dire que tu étais en direct, » a déclaré Alassane Ouattara.

J’assume pleinement mes propos, s’est défendu Alpha Condé sous les ovations et rires de tous ses collègues y compris le Président ivoirien.

Wassimagnon, Abidjan

Côte-d’Ivoire : Ne boudons pas notre plaisir ! mars 30 2017

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Depuis mardi 28/03/17 les jurés de la cour d’assises ont déclaré Mme Simone EHIVET GBAGBO non coupable de crimes contre l’humanité ! On assiste alors à toutes sortes d’analyses sur les réseaux sociaux. Certains tels que moi, sommes contents de l’issue de ce long procès. Pour d’autres, c’est du cinéma. Pour ceux-ci, le jury composé en majorité de ressortissants du nord l’a acquittée pour ne pas avoir à condamner les chefs rebelles et à ne pas les transférer à la Cpi ! Et qu’à partir du moment où elle est condamnée à 20ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, ce verdict est du bluff ! Respectons l’institution qu’est la justice de C.I., même si c’est un dictateur qui est au pouvoir, et évitons les jugements hâtifs !

 L’appareil judiciaire n’est pas la propriété, ni de Ouatra, ni du rhdp. Il nous appartient tous. Ce n’est pas parce que des animateurs de cette institution préfèrent servir le régime que de servir la justice que nous allons douter d’eux tous et croire qu’ils obéissent tous aux injonctions du pouvoir ! N’insultons pas l’intelligence des jurés ! Dire qu’ils l’ont acquittée pour couvrir les criminels com’zones, c’est faire des membres de ce jury des personnes sans volonté ! Faisons confiance aux hommes et à nos institutions.

Souvenez-nous !
Lorsqu’en 1991 tout le monde réclamaient une commission d’enquête internationale sur la violence faite aux étudiants à la cité universitaire de Yopougon, le FPI a réclamé une commission nationale. Par la voix de son SG d’alors Laurent Gbagbo, ce parti a expliqué que pour qu’on nous respecte, nous devons faire confiance à nos institutions. ! Il a été suivi par le président H. Boigny, et cette commission, bien qu’ayant en son sein des responsables politiques issus du PDCI, a fait une enquête impartiale.

Il ne faut donc pas croire que la dictature de Ouattara est telle qu’il n’y a personne pour lui dire non ! Souvenons,-nous qu’il y a deux ou trois ans en arrière, un jury ayant pratiquement la même composition avait acquitté les gendarmes qui étaient accusés d’avoir tué les femmes d’Abobo !
Si aucune pression n’est venue de la présidence pour leur donner des directives, pourquoi dans le cas de l’honorable Député Simone Gbagbo, on ferait croire que les jurés auraient reçu l’ordre de l’acquitter ? Et puis n’oublions pas que, même choisis selon les critères ethniques et régionaux, ces jurés sont des citoyens qui vivent dans ce pays. Ils voient, entendent beaucoup de choses ! Ce ne sont pas des imbéciles ils constatent que depuis huit mois aucune preuve tangible n’est venu étayer les accusations du procureur. Ils réfléchissent eux aussi et ils savent qu’il vaut mieux laisser libre un coupable que de condamner un innocent comme le disent les praticiens du droit. Il a été dit que c’est à l’unanimité des jurés ! Et puis, n’oublions pas que ces gens sont membres du corps social et savent qu’une condamnation d’une personne qui n’était pas officier des Fds ni président de la république n’apporterait rien à l’apaisement des tensions, bien au contraire !
Je pense pour ma part qu’ils ont fait un jugement d’opportunité ! Cela augure d’autres bonnes nouvelles pour les autres prisonniers politiques malgré les déblatérations d’obscures ONG dites internationales et de soi-disant collectif de victimes dirigé par un criminel ! Être nordiste ou militant du rhdp ne signifie pas non plus être con !
En ce qui concerne la première condamnation à vingt ans de notre héroïne sans mandat de dépôt, je suis étonné que c’est maintenant que les gens découvrent qu’elle devrait être chez elle libre de tout mouvement comme son fils Michel, Sangaré et autres qui ont écopé eux aussi de peines d’emprisonnement sans mandat de dépôt et vaquent à leurs occupations !

On aurait dû mener des actions pour cela depuis belle lurette. Saluons comme Me Dadjé le courage des jurés ! Félicitons-les pour que les autres suivent leurs traces et que la justice de notre pays redevienne impartiale, au service de tous, de la vérité et du droit ! Ce verdict est un pas vers la libération des magistrats de la peur !

Redoublons d’effort pour que tous les prisonniers politiques soient libérés !

Un mot aux affidés ! Cessez de verser votre venin sur la toile dans des commentaires désobligeants ! Cela ne vous grandit pas ! L’un des vôtres, Sam l’Africain est en prison ! Le verdict de la cour d’assises augure qu’il peut être relaxé et ce ne serait pas grâce à vos actions !

Ne boudons pas notre plaisir et continuons la lutte !

O V A J A B!!!!
Dramane Traore

Côte-d’Ivoire: Six ans que les massacres de Duékoué Carrefour restent impunis (28-30 mars 2011) mars 29 2017

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Par Connectionivoirienne

La localité de Duékoué dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire, avait connu l’atrocité en trois jours terribles, les 28, 29 et 30 mars 2011.

 Selon la Croix Rouge, le nombre de morts de ce massacre tournerait autour de 1200, hommes, femmes et enfants.

Le quartier carrefour avait été particulièrement ciblé de façon atroce par les troupes fidèles à l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, appuyées de dozos conduits par un certain Amadé Ouérémi.

Nous avons en mémoire les fosses communes, les habitations détruites, les personnes atrocement tuées, les milliers de réfugiés à la mission catholique de la ville.

Six années plus tard, malgré les nombreux procès de la crise de 2011, ni la justice ivoirienne, encore moins celle « dite » internationale n’ont osé ouvrir ne serait-ce qu’un seul procès sur les crimes de Duékoué.

A cette barbarie, viendra s’ajouter quelques années plus tard, le massacre de Nahibly, toujours au nez et à la barbe des troupes des Nations Unies.

L’histoire, elle, n’oublie pas ses victimes la plupart innocentes, à l’heure ou la mission de l’ONU quitte définitivement la Côte-d’Ivoire,.

Sylvie Kouamé

Cote d’Ivoire-FPI: La réponse de Marie Odette Lorougnon à Affi N’guessan mars 27 2017

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Côte d’Ivoire: Odette Lorougnon annonce une nouvelle plateforme politique (EDS) et répond à Affi N’guessan Marie Odette Lorougnon


Reconquête du pouvoir – Face aux femmes de Yopougon

Les femmes militantes du Front populaire ivoirien de Yopougon étaient en assemblée générale extraordinaire samedi au Baron de Yopougon autour du thème : « Quel fonctionnement pour une Offpi plus dynamique et gagnante ? »
Invitée à se prononcer sur ce thème, la première responsable de l’Offpi, Marie Odette Lorougnon a d’abord fait un bilan d’étape de l’organisation qu’elle tient avant d’inviter les femmes à se « remettre en ordre de bataille pour faire face aux défis futurs ». Cette redynamisation de la lutte, selon elle, passe par l’instauration d’un débat critique interne pour non seulement consolider les acquis mais également pour un besoin d’efficacité.
Comme défi futur Odette Lorougnon a clairement indiqué qu’il s’agissait de préparer le rendez-vous électoral de 2020. « Qui dit 2020, dit maintenant. Nous allons continuer de mobiliser dans le respect de nos valeurs et dans la résistance commencée depuis 2011 », a-t-elle réitéré à la suite d’Abou Drahamane Sangaré récemment à l’Ouest.
Madame Lorougnon, en référence au dernier vœu de Pascal Affi N’guessan d’aller à un congrès unitaire avec le camp Sangaré, a donné une réponse sans équivoque. « Il n’est plus question de réconciliation au sein du parti. Il s’agit pour ceux qui sont partis (du Fpi) de donner le nom de leur parti. Au Fpi de Gbagbo, on ne nomme pas les secrétaires fédéraux. Ceux qui nomment les fédéraux alors que chez nous c’est l’élection (qui désigne les responsables de base), doivent avoir le courage de reconnaître qu’ils ne sont plus du parti », a-t-elle répondu à la grande approbation de l’assistance.
Tout en affirmant que l’Offpi a une grande contribution à apporter dans la reconquête du pouvoir par une bonne discipline, le respect des structures et une bonne organisation, l’ancienne députée d’Attécoubé a fait une importante annonce.

Le 20 avril prochain, a-t-elle déclaré, un grand rassemblement verra le jour à l’hôtel Belle côte de la Riviera Palmeraie en vue de la signature d’une nouvelle plateforme politique. « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (Eds) qui regroupera tous ceux qui épousent les idées de Laurent Gbagbo et qui entendent marcher aux côtés du Fpi.
Cette plateforme, si l’on en croit les derniers échos, aura des objectifs clairs. Lutter ensemble pour la reconquête du pouvoir, à la différence des défunts regroupements hétéroclites Cnc (Coalition nationale pour le changement) et le Front du refus qui s’opposait à la réforme constitutionnelle. Cette nouvelle plateforme devrait aboutir à un projet de gouvernement commun s’inspirant du projet actualisé du parti de Gbagbo.
Bruno Gnaoulé Oupoh et Etien Amoakon tous deux vice-présidents et Koffi Jean, secrétaire général adjoint ont instruit les femmes sur différents thèmes liés à la grogne sociale et au procès de Laurent Gbagbo à La Haye.
SD à Abidjan



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